Slameur et slameuse à Bordeaux

Personne ne délivre le titre de slameur : on l'est parce qu'on monte. Voici à quoi ressemble ce milieu à Bordeaux, comment on y entre, et — si vous cherchez à en faire venir un — ce qu'il faut regarder avant de signer.

Auteur : Esope · Intervenant slam : Esope

Il n'existe ni diplôme, ni carte professionnelle, ni annuaire de slameurs et slameuses. On l'est parce qu'on écrit et qu'on monte, et le milieu bordelais s'est construit exactement comme ça : par des gens qui sont revenus le mois suivant.

Un milieu, pas une profession

La très grande majorité des slameurs et slameuses bordelais ne vivent pas du slam. Ils écrivent, montent sur les scènes ouvertes, participent à des collectifs, et ont une vie professionnelle ailleurs. C'est la norme, et ce n'est pas un défaut : c'est ce qui garde les scènes ouvertes ouvertes.

Une minorité en fait son métier, en combinant scène, ateliers, interventions en milieu scolaire et commandes. C'est mon cas depuis 2016, et cela suppose de tenir les deux bouts — ce qu'on apprend en scène est exactement ce qu'on transmet en atelier.

Comment on le devient à Bordeaux

Le chemin est court et il n'a pas de porte : on écrit un texte, on le dit à une personne, on va écouter une scène, on s'inscrit, on recommence. C'est tout, et c'est détaillé étape par étape dans débuter le slam à Bordeaux.

Ce qui fait durer quelqu'un dans le milieu n'est pas le talent initial mais la régularité et l'appartenance à un collectif. À Bordeaux, ce sont des collectifs qui ont structuré la pratique — historiquement Les Lyricalistes et FADA, aujourd'hui Ta Mère la Mieux côté associatif.

Slameuses : la question qui se pose partout

Une scène ouverte est ouverte à tout le monde, par construction : inscription libre, pas de sélection, ordre tiré au sort. Mais l'ouverture du dispositif ne dit rien de qui s'inscrit, et la question de savoir qui prend le micro se pose sur toutes les scènes de parole, à Bordeaux comme ailleurs.

Ce que j'observe en atelier est net : avec un cadre posé — la règle d'applaudissement, le droit de passer son tour, le passage à deux voix — l'écart de prise de parole se réduit très vite. Ce qui retient n'est presque jamais le niveau, c'est l'idée qu'on n'a pas sa place. Le dispositif du slam est un des rares à traiter ça de front, puisqu'il applaudit avant de juger.

Faire venir un slameur ou une slameuse

Si vous cherchez un intervenant pour une structure — établissement scolaire, médiathèque, centre social, foyer, entreprise —, quatre points méritent d'être vérifiés.

  • Qu’il ou elle pratique encore. Un intervenant qui monte toujours sur scène apporte ce qu’aucune fiche pédagogique ne remplace : le travail de la voix, et une légitimité immédiate aux yeux des jeunes.
  • Des références sur des publics comparables au vôtre. Animer une classe de 4e et animer un foyer d’accueil médicalisé ne demandent pas la même chose.
  • Un statut déclaré. Facturation, assurance : la structure doit pouvoir payer sans montage exotique.
  • La disponibilité à parler du groupe en amont. Un intervenant qui propose le même déroulé à tout le monde ne s’adaptera pas au vôtre.

Le détail des démarches, du calendrier et des financements — pass Culture compris — est dans faire venir un intervenant slam.

Ce que je fais, concrètement

Champion de France de Slam-Poésie, j'interviens depuis 2016 à Bordeaux et dans toute la France : plus de 300 ateliers, du primaire au supérieur, en structure jeunesse et en établissement médico-social. Agréé par l'Éducation nationale, éligible au pass Culture.

Les projets menés sur la métropole sont racontés un par un — un collège à Lormont, une visite slamée au CAPC, une masterclass à KEDGE, un atelier avec des seniors au Haillan. La page ateliers slam à Bordeaux détaille les formats, et la page Esope le parcours.

Faire venir un intervenant

Esope intervient depuis 2016 en collège, en lycée, en école, en structure jeunesse et en établissement médico-social. Champion de France de slam, agréé par l’Éducation nationale.

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