Une visite guidée slamée au CAPC, avec les jeunes du Grand Parc

Huit jeunes du Grand Parc, trois séances de deux heures, et des textes de slam écrits dans la Nef du CAPC devant l'exposition d'Eva Koťátková. La restitution a pris la forme d'une visite guidée slamée, pendant la Nuit des musées.

Auteur : Esope · Intervenants slam : Esope

Illustration au trait d’une personne déclamant devant un public rassemblé
La restitution : une visite guidée du musée, slamée.

Huit jeunes du Grand Parc, trois séances de deux heures, un partenariat entre le centre social et culturel du Grand Parc et le CAPC, le musée d'art contemporain de Bordeaux. Et une idée simple à formuler, moins simple à réussir : faire entrer dans un musée des jeunes convaincus qu'ils n'y ont rien à faire.

Le contexte : un musée qu’on croit interdit

Le sentiment d'illégitimité culturelle ne se corrige pas par un discours. On peut expliquer longtemps qu'un musée est ouvert à tous ; tant qu'on n'y a pas fait quelque chose à soi, on reste un visiteur de passage. L'écriture change ce rapport : produire un texte sur une œuvre, c'est se donner le droit d'avoir un avis dessus.

Le déroulement des trois séances

Nous avons écrit les textes dans la Nef du CAPC, devant l'exposition temporaire consacrée à Eva Koťátková, artiste tchèque. Écrire sur place et non en salle de classe fait toute la différence : l'œuvre est là, on peut y revenir, la contourner, y répondre. Le lieu devient une matière de travail plutôt qu'un décor.

Illustration au trait d’un groupe réuni autour d’une table de travail

Les techniques travaillées

Décrire une œuvre sans la paraphraser, c'est un excellent exercice d'écriture. Il oblige à chercher l'image personnelle plutôt que le commentaire, et à assumer une interprétation. Les outils du slam — comparaison, adresse directe, rythme — s'y prêtent bien mieux que la fiche de visite.

Ce que les jeunes ont travaillé

La légitimité à parler d'art, avant tout. Et la prise de parole dans un lieu institutionnel, ce qui n'est pas la même chose que devant sa classe. Écrire et dire dans un musée, c'est occuper un espace dont on se croyait exclu — l'atelier n'est qu'un prétexte à cette occupation.

Illustration au trait d’une silhouette au micro sous les projecteurs

Le moment marquant

La restitution a eu lieu pendant la Nuit des musées, sous la forme d'une visite guidée slamée : les jeunes ont conduit le public à travers l'exposition, en disant leurs textes devant les œuvres. Ils n'étaient plus visiteurs, ils étaient les guides — c'était tout l'objet du projet, et ça s'est vu dans la salle.

Ce que ce projet a permis d’explorer

Le partenariat entre une structure jeunesse et un lieu culturel produit des projets que ni l'une ni l'autre ne mènerait seule. Si vous travaillez dans un musée, une médiathèque ou un centre social, parlons de ce qu'on pourrait monter.

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