Deux heures de slam avec des seniors, au Haillan
Au Haillan, une douzaine de participants de plus de 60 ans ont écrit un texte de slam en deux heures, et chacun l'a lu devant les autres. C'était l'anniversaire de l'une d'entre elles — je lui ai écrit un texte pour le lui souhaiter.
Auteur : Esope · Intervenants slam : Esope
Une douzaine de participants de plus de 60 ans, deux heures d'atelier slam au Haillan. Un public que j'aimerais rencontrer plus souvent, et qui contredit à peu près toutes les idées reçues sur cet art.
Le contexte : un art qu’on croit réservé aux jeunes
Le slam traîne une réputation de discipline adolescente, née dans les bars et pratiquée au micro. C'est une lecture courte. Ce qu'il propose — dire un texte personnel à voix haute devant des gens qui écoutent — n'a pas d'âge, et fonctionne remarquablement bien avec un public qui a beaucoup à raconter et peu d'occasions de le faire.
Le déroulement des deux heures
Deux heures, c'est court : il faut aller à l'essentiel sans bâcler. On commence par quelques jeux à l'oral pour délier le groupe, puis on entre très vite dans l'écriture, avec des amorces qui lèvent la pression de la page blanche. La dernière demi-heure est réservée à la lecture, parce que c'est elle qui donne son sens à tout le reste.
Les techniques travaillées
Les mêmes qu'ailleurs, à un détail près : avec ce public, la matière ne manque jamais. Là où un adolescent cherche quoi dire, un participant de 70 ans cherche plutôt par où commencer. Le travail porte donc davantage sur le cadrage et la forme — trouver l'image juste, resserrer, décider ce qu'on garde — que sur l'amorce.
Ce que les participants ont travaillé
Lire son propre texte devant un groupe, essentiellement. C'est l'étape que la plupart des ateliers d'écriture n'abordent pas, et c'est celle qui transforme l'exercice en expérience. À la fin, chacun a lu, et chacun a été applaudi — les applaudissements ne sont pas un supplément dans le slam, ils font partie du dispositif.
Le moment marquant
C'était l'anniversaire d'une participante. Je lui ai écrit un texte de slam pour le lui souhaiter, et je l'ai dit devant le groupe. Ce n'était pas prévu au programme, mais c'est exactement à ça que sert de savoir écrire vite : transformer une circonstance en cadeau.
Ce que ce projet a permis d’explorer
Ce format court fonctionne avec les publics seniors, en résidence comme en centre communal. Si vous animez un groupe de ce type, parlons de ce qu'on peut faire en deux heures.