Ta Mère La Mieux, l’association bordelaise du battle de compliments

Une vingtaine d'artistes bordelais, un format inventé dans un café de la rue Malbec, et une ligne tenue depuis : démocratiser le compliment. Je fais partie de l'association et je monte sur ses scènes — voici ce qu'elle est, ce qu'elle organise, et où la voir.

Auteur : Esope · Intervenant slam : Esope

Ta Mère La Mieux — souvent abrégé TMLM — est une association loi 1901 basée à Bordeaux. Elle réunit une vingtaine d'artistes et porte un format qu'elle a inventé : le battle de compliments, une joute verbale où l'on gagne en faisant l'éloge de son adversaire plutôt qu'en le démolissant.

J'en fais partie, comme artiste : je monte sur ses scènes depuis les premières éditions, et c'est de là que vient le format que j'anime ensuite en atelier. Une précision utile avant d'aller plus loin — cette page est la mienne, pas celle de l'association : je la décris en tant que membre, et son site officiel est cité en bas de page.

Deux personnes face à face sur une scène violette lors d’un battle de compliments, devant un public assis
Maëlle, présidente de Ta Mère La Mieux, et Esope en battle au Rocher de Palmer.

Ce que dit le nom

« Ta mère » est l'attaque la plus banale du battle rap, celle que tout le monde reconnaît sans l'avoir jamais cherchée. Le nom de l'association la prend telle quelle et la retourne : ta mère la mieux. Tout le dispositif tient dans ce renversement, et il se comprend avant la première explication.

La ligne de l'association se résume en une phrase, reprise par France 3 Nouvelle-Aquitaine : démocratiser le compliment, qui peut avoir autant d'impact qu'une insulte. Ce n'est pas une formule de communication — c'est exactement ce que le format démontre en deux minutes devant une salle.

Ce que l’association organise

  • Les battles de compliments. Le format principal : deux personnes tirées au sort, chacune son tour, en rounds écrits d'une minute environ, devant un public qui réagit sans jamais départager. Les éditions se tiennent en salle, à Bordeaux et dans la métropole.
  • La « Rue des Éloges ». Une scène ouverte dédiée à l'éloge, environ une fois tous les deux mois : on y vient dire un texte, sans joute et sans adversaire.
  • « Ta Sœur la Mieux ». La porte d'entrée de la ligue. Une soirée pensée comme un repérage, où l'on passe devant le public et devant les artistes de l'association — et d'où sortent les affiches suivantes. C'est un détail d'organisation qui dit beaucoup : la scène ne s'est pas refermée une fois installée, elle s'est donné un escalier.
  • Des concerts et des formations. L'association programme aussi des concerts, et des formations à l'éloquence et au slam.

Les ateliers et les médiations

Le battle de compliments n'est pas resté sur scène. C'est même devenu, pour plusieurs artistes de l'association dont je suis, une part importante du travail : le format se transpose en atelier presque sans adaptation, parce que ses règles sont simples et que son effet sur un groupe est immédiat.

Ce que la médiation ajoute à la scène, c'est l'obligation de regarder quelqu'un. Le tirage au sort impose d'écrire sur une personne qu'on n'aurait pas choisie ; la règle du point d'appui réel impose d'y trouver quelque chose de vrai. Dans un collège, dans une structure jeunesse ou dans un établissement médico-social, cette opération-là laisse des traces bien au-delà de la restitution.

Pour ma part, j'anime ces ateliers battle de compliments en établissement scolaire, en structure jeunesse et en médico-social — en Gironde et ailleurs. Le déroulé complet, les formats et le cadre sont décrits dans le guide complet.

Où ça se passe

Les premières éditions se sont tenues au Pourquoi Pas ? Café culturel, rue Malbec, à Bordeaux : une salle de quartier, une scène modeste, et un format que personne n'avait vu ailleurs. Dès la quatrième édition, en juin 2021, la soirée affichait complet.

Le chemin s'est fait en quelques années jusqu'au Rocher de Palmer, à Cenon, l'une des scènes de référence de la métropole, où la dernière grande édition a également affiché complet. Entre les deux, le format sort régulièrement des salles : l'association tourne dans la métropole, notamment dans le cadre de l'Été Métropolitain, sur des places et des squares, en plein air et en entrée libre.

L'histoire détaillée de cette trajectoire, et la place du format dans la vie culturelle locale, sont racontées dans le battle de compliments à Bordeaux.

Un round, en entier. La vidéo démarre sans le son : le bouton le rend.

Ma place dans l’association

Je suis artiste de la ligue : j'écris mes rounds, je monte sur les scènes de l'association, et j'ai été de ses premières soirées rue Malbec. C'est un détail qui a son importance pour les structures qui me contactent — je n'enseigne pas un format que j'aurais lu quelque part, j'anime celui que je pratique, avec les mêmes règles et le même vocabulaire.

C'est aussi ce qui explique pourquoi l'atelier et la scène ne se ressemblent pas complètement. Sur scène, on cherche la punchline qui fait lever la salle. En atelier, on cherche ce que l'exercice produit dans le groupe. C'est le même outil, tenu par l'autre bout — et il faut avoir tenu les deux pour savoir lequel employer.

Assister, participer, ou faire venir le format

Pour assister à une soirée, les dates passent par l'association et par ses réseaux. Les éditions en salle s'annoncent plusieurs semaines à l'avance et passent parfois par une billetterie à petit prix ; celles de l'Été Métropolitain sont en entrée libre.

Pour monter sur scène, « Ta Sœur la Mieux » est la porte prévue pour ça, et il n'y a aucun palmarès à présenter. Les artistes qui passent viennent du rap, du slam, du stand-up, de la poésie — et certains ne viennent de nulle part.

Pour faire venir le format dans votre structure, deux chemins existent et ils ne se concurrencent pas : vous pouvez vous adresser à l'association, ou m'écrire directement si vous cherchez un intervenant pour un atelier — c'est mon métier, et les volumes d'heures, les effectifs et les formats de restitution sont détaillés sur la page des ateliers.

Faire venir un intervenant

Esope intervient depuis 2016 en collège, en lycée, en école, en structure jeunesse et en établissement médico-social. Champion de France de slam, agréé par l’Éducation nationale.

Simulez votre devis

Les autres ressources