Douze heures de slam avec deux classes de 5e, au collège Jean-Hay de Marennes
Douze heures au total, six par classe, avec deux groupes de 5e. L’objectif ne change pas d’un établissement à l’autre : jouer avec les mots, comprendre leur pouvoir, et finir par oser les dire devant les autres.
Auteur : Esope · Intervenants slam : Esope
Douze heures d'atelier slam au collège Jean-Hay, à Marennes, réparties en six heures par classe avec deux classes de 5e.
L’objectif, qui ne change jamais
Il est le même à Marennes qu'ailleurs, et je le formule toujours dans cet ordre : que chaque élève joue avec les mots, qu'il comprenne leur pouvoir, qu'il pratique l'écriture poétique en s'amusant, et qu'il finisse par prendre le courage de déclamer son texte devant tout le monde.
L'ordre compte autant que la liste. Le jeu vient avant la compréhension, la compréhension avant la technique, et le courage arrive en dernier — jamais parce qu'on l'a demandé, toujours parce que les trois étapes précédentes l'ont rendu possible.
Beaucoup de jeu à l’oral, puis l’écriture, vite
On a commencé par beaucoup de jeux à l'oral. En 5e, c'est le passage obligé : une feuille distribuée d'emblée produit du silence et de la gêne, alors que vingt minutes de jeu collectif produisent des textes. Le jeu n'est pas un échauffement décoratif, c'est ce qui installe le droit de dire n'importe quoi — sans lequel personne n'écrit rien de vrai.
Puis très rapidement l'écriture. C'est le second principe : ne pas laisser le jeu s'installer trop longtemps, sous peine que le passage à l'écrit soit vécu comme la fin de la récréation. On bascule pendant que l'énergie est haute.
Ça a été une réussite sur les deux classes. Le détail du déroulé, minutage compris, est dans la séance en cinq étapes, et l'entrée de programme propre au niveau dans la fiche slam 5e.
Le moment marquant
Pour l'anecdote, et parce qu'elle dit quelque chose du métier : je donnais les ateliers à Marennes le matin, et l'après-midi je partais pour l'île d'Oléron, au lycée CEPMO, où un autre projet était en cours.
Deux collèges et lycées à une trentaine de kilomètres l'un de l'autre, deux publics qui n'ont rien à voir — des 5e d'un côté, une classe de dix lycéens de l'autre — et le même intervenant qui change de registre entre le déjeuner et le début d'après-midi. C'est la partie du travail qu'on ne voit jamais dans un récit d'atelier, et pourtant c'est elle qui rend un projet en Charente-Maritime possible pour quelqu'un qui vient de Bordeaux : on groupe, sinon on ne vient pas.