Quatre séances de slam et de rap aux Jardins de la Source, à Gémozac

Des jeunes qui viennent d'arriver dans la structure, une équipe éducative qui cherche une activité fédératrice, et quatre séances de deux heures pour y parvenir. À la fin, chacun avait son texte — et chacun l'a dit devant les autres.

Auteur : Esope · Intervenants slam : Esope

Illustration au trait d’un intervenant devant un tableau, face à un groupe de jeunes assis à des tables
Quatre séances : le temps qu’il faut pour qu’un texte personnel arrive.

Quatre séances de deux heures de slam et de rap aux Jardins de la Source, à Gémozac, avec un groupe de jeunes qui venaient d'arriver dans la structure.

Un groupe qui n’en était pas encore un

C'est la donnée de départ, et elle change la manière de travailler : ces jeunes ne se connaissaient pas, ou peu. L'équipe éducative cherchait une activité capable de leur parler, fédératrice, et qui puisse servir d'exutoire à ce qui arrive quand on entre quelque part sans l'avoir choisi.

L'écriture fait les deux à la fois. Elle est individuelle — chacun écrit ce qu'il veut, et personne ne lit par-dessus l'épaule — et elle devient collective à l'instant où les textes se disent à voix haute.

Illustration au trait d’un groupe de jeunes de dos, debout, en train de discuter

Ce que permettent quatre séances

L'équipe éducative m'a fait confiance pour quatre fois deux heures, et c'est ce qui a rendu le résultat possible. En une séance unique, on obtient un texte ; en quatre, on obtient un texte que son auteur a eu le temps de reprendre, et surtout une confiance qui s'installe entre les séances au lieu de devoir se construire en deux heures.

J'ai adapté l'atelier à leur rythme plutôt qu'à un programme. Certaines séances ont beaucoup écrit, d'autres beaucoup parlé. L'idée principale tenait en une phrase : qu'ils passent un moment agréable en compagnie des mots.

Illustration au trait de jeunes réunis en petits groupes dans un espace extérieur bordé d’arbres
Un groupe qui vient de se former : c’est aussi ce que l’atelier avait à construire.

Un texte chacun, dit devant le groupe

À la fin, chacun avait écrit son texte — très personnel pour la plupart — et chacun l'a déclamé devant les autres. Avec du stress, visiblement, et en repoussant quand même la limite qu'ils s'étaient fixée.

C'est le moment qui justifie les quatre séances. Dire son texte devant un groupe qu'on vient de rejoindre n'a rien d'un exercice : c'est une prise de risque réelle, et elle se paie en retour par la manière dont le groupe écoute.

Le moment marquant

Il n'a pas eu lieu pendant l'atelier, mais avant. Pour que ces quatre séances existent, l'équipe éducative s'est démenée : trouver les jours, les créneaux, les dates qui conviennent à tout le monde, et faire accepter le devis.

Ce n'est jamais la partie plaisante du métier, ni du leur. C'est pourtant celle qui décide de tout, et je la vois rarement citée. Alors je la cite ici : sans une structure qui se démène en amont, la plupart de mes interventions n'auraient jamais lieu. Le travail que personne ne voit est celui qui rend possible le travail que tout le monde voit.

Ce que ce projet a permis d’explorer

Ce format de quatre séances convient bien aux structures qui accueillent des jeunes sur la durée. Si vous encadrez un groupe de ce type, parlons de ce qu'on peut construire en quatre séances.

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