Fiche pédagogique : le slam en 5e

La 5e ouvre le cycle 4 et c'est le meilleur moment du collège pour un projet slam. Le groupe existe, l'écriture est fluide, et les élèves n'ont pas encore l'autocensure qui arrive en 4e.

Auteur : Esope · Intervenant slam : Esope

La 5e est, de mon expérience, le niveau le plus productif du collège pour un atelier d'écriture. Les élèves ont assez d'outils pour écrire vraiment, et pas encore la peur du ridicule qui s'installe l'année suivante. Les textes de 5e sont souvent plus inventifs que ceux de 3e.

Ce que ça travaille au programme

L'entrée « regarder le monde, inventer des mondes : imaginer des univers nouveaux » est le point d'accroche : le texte peut déplacer, transformer, inventer. L'entrée « vivre en société : avec autrui » fonctionne aussi bien pour un projet plus tourné vers le groupe.

Au cycle 4, les figures de style passent de l'emploi intuitif à l'emploi conscient. C'est le bon niveau pour nommer ce qu'on fait : anaphore, gradation, métaphore filée.

Ce qu’on peut viser réellement

  • Un texte de vingt à trente lignes avec une structure en trois temps.
  • Au moins trois figures de style identifiables et voulues.
  • Un travail du rythme : alternance de lignes longues et courtes, montée, chute.
  • Un passage de deux minutes, debout, avec silences marqués.

Le déroulé — 4 heures, sur deux séances

Séance 1 (2 h). Jeux oraux (15 min). Travail des figures au tableau : la classe fabrique dix métaphores à partir d'objets du quotidien (20 min). Banque de mots et écriture (50 min). Relecture à deux et premiers passages (35 min).

Séance 2 (2 h). Réécriture guidée par trois consignes (40 min). Travail du rythme : on marque les silences, on repère les lignes trop longues (30 min). Mise en voix et filage (50 min).

L’exercice propre à la 5e : la métaphore filée

On choisit un domaine — la météo, la mécanique, la cuisine, le sport — et tout le texte doit y puiser ses images. « Ma semaine est une machine à laver : le lundi essorage, le mardi trempage, le vendredi on ouvre le hublot et tout tombe. »

Cet exercice fait deux choses en même temps : il donne une unité au texte, ce qui règle le problème du texte-catalogue, et il installe la notion de métaphore filée mieux qu'une leçon. C'est l'exercice qui produit les meilleurs textes de 5e, sans exception.

Le second angle : les punchlines

À Eysines, avec des élèves de 5e du collège Albert Camus, huit heures ont été consacrées pour l'essentiel au travail des punchlines — métaphore, comparaison, amplification — et des rimes. C'est un angle très efficace à ce niveau : il utilise un vocabulaire que les élèves reconnaissent et il débouche naturellement sur le battle de compliments.

Les écueils propres à la 5e

  • L’énergie qui déborde. C’est le niveau le plus vivant et le plus bruyant. Le cadre doit être posé net dès le premier jeu : on ne coupe pas, on applaudit tout le monde.
  • La surenchère. Certains élèves cherchent la provocation plutôt que le texte. Recadrer sur la contrainte de forme suffit presque toujours : elle occupe l’attention.
  • Le texte long et informe. Trente lignes sans structure valent moins que quinze structurées. La métaphore filée est le meilleur remède.
  • Nommer les figures avant de les employer. On écrit d’abord, on nomme ensuite — la notion se retient dix fois mieux.

Faire venir un intervenant

Esope intervient depuis 2016 en collège, en lycée, en école, en structure jeunesse et en établissement médico-social. Champion de France de slam, agréé par l’Éducation nationale.

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