Une semaine de slam en résidence au collège Armand-Fallières, à Mézin
Cinq jours d'affilée, deux classes de 3e, deux à quatre heures par classe et par jour, en alternance avec des ateliers beatbox. Une semaine entière dans le même établissement ne ressemble à rien d'autre — et la restitution n'a pas eu lieu dans la salle polyvalente, mais dans le théâtre de la ville.
Auteur : Esope · Intervenants slam : Esope
Cinq jours d'atelier slam au collège Armand-Fallières, à Mézin, avec deux classes de 3e. Deux à quatre heures par classe et par jour, du lundi au vendredi, et une restitution qui s'est jouée hors de l'établissement, dans le théâtre de la ville.
L’effet résidence
Une semaine entière dans le même établissement ne produit pas le même travail qu'un atelier réparti sur un trimestre. Il n'y a pas de redémarrage : on reprend le lendemain là où on s'est arrêté la veille, avec les mêmes textes en tête et les mêmes images encore chaudes.
Pour les élèves, c'est immersif au sens propre : pendant cinq jours, l'écriture fait partie de la journée au même titre que les cours. L'ambiance qui s'installe dans un collège à ce rythme-là est difficile à décrire et impossible à obtenir en six séances espacées.
Slam et beatbox, en alternance
Les deux classes suivaient en parallèle des ateliers beatbox, menés par un collègue. On s'échangeait les groupes : pendant qu'une classe écrivait avec moi, l'autre travaillait le rythme à la bouche, et on inversait.
C'est une configuration qui sert les deux disciplines. Le beatbox installe le rapport au tempo et à la respiration ; le slam donne quelque chose à dire dessus. Les élèves passent d'une salle à l'autre en gardant la même matière dans l'oreille.
Ce qu’on a travaillé
Le contenu habituel du slam : les figures de style, la fabrication d'images, le rythme, la chute. Les thèmes étaient libres, et comme souvent avec des 3e, ils sont allés spontanément vers le social et l'environnemental — ce qui n'a rien d'un hasard à un âge où l'on commence à se situer dans un monde plus grand que soi.
Le moment marquant
Au moment de constituer le plateau de la restitution, nous avons eu trop de volontaires. Pas trop peu : trop. Il a fallu s'asseoir et choisir qui monterait sur la scène du théâtre et qui n'y monterait pas, pour que le spectacle tienne dans un temps raisonnable.
C'est l'inverse exact du problème qu'on redoute en début de semaine, quand personne ne veut lire à voix haute. Devoir arbitrer entre des volontaires est le meilleur indicateur que j'aie sur l'état d'un groupe à la fin d'un projet.
Ce que ce projet a permis d’explorer
Le format résidence convient aux établissements qui peuvent libérer une semaine, et il va beaucoup plus loin qu'un parcours filé de même durée. Si vous envisagez un projet de ce type, parlons de ce qu'on peut monter sur cinq jours.