Deux heures d’initiation au slam avec une classe de 3e, au collège Notre-Dame de Lesparre-Médoc

Deux heures, une classe de 3e, une pure initiation. Sur un format aussi court, l'enjeu n'est pas d'aller loin : c'est que toute la classe écrive, et que chaque élève reparte avec un texte qui tient debout.

Auteur : Esope · Intervenants slam : Esope

Illustration au trait d’une cour de collège vue d’en haut, des élèves dispersés sur le terrain
Deux heures dans un établissement : le temps d’une récréation et demie, et il faut que tout y passe.

Deux heures d'atelier d'écriture slam au collège Notre-Dame, à Lesparre-Médoc, avec une classe de 3e. Une initiation au sens strict : on part de zéro et on repart avec un texte.

Deux heures, et pas une minute de marge

Deux heures, c'est court. Assez pour faire écrire une classe entière, trop peu pour se permettre un détour. Quand j'ai aussi peu de temps, je saute donc l'historique du slam — les bars de Chicago, l'arrivée en France, les scènes ouvertes, toute cette histoire que je raconte volontiers ailleurs — et j'entre directement dans l'écriture.

Ce n'est pas une perte. L'histoire se glisse en marchant, par petites touches, pendant qu'on travaille. Ce qui ne se rattrape pas, en revanche, c'est une classe à qui il ne reste que dix minutes pour écrire.

Quatre figures de style, une par élève

Nous avons vu quatre figures : la métaphore, la comparaison, l'allitération et l'anaphore. Quatre, pas davantage — c'est le nombre qu'on peut présenter, illustrer et faire pratiquer dans le temps imparti.

Chaque élève choisissait ensuite la sienne. À chaque figure correspond un tableau : une grille très simple, qu'on remplit colonne par colonne et dont sortent des vers sans qu'il ait jamais fallu affronter la page blanche. L'élève ne cherche pas quoi écrire, il remplit — et le texte vient du tableau.

Illustration au trait d’un groupe d’élèves de dos devant des casiers, sacs sur l’épaule

Que personne ne reste au bord

Sur un format aussi ramassé, le risque n'est pas l'ennui : c'est qu'une partie de la classe regarde l'autre travailler. L'objectif que je me fixe est donc très concret — que chacun y trouve son moment, et que chacun reparte avec une production qui vaut la peine d'être lue.

Le choix de la figure y contribue directement. Un élève qui a choisi son outil n'est pas dans la même posture qu'un élève à qui on impose un exercice : il a déjà pris une décision sur son texte avant d'avoir écrit la première ligne.

Illustration au trait d’un micro posé au sol sur une scène éclairée
La restitution n’était pas acquise sur ce format. Elle a eu lieu, et les volontaires ne manquaient pas.

Le moment marquant

Nous avons eu le temps de faire une restitution. Sur deux heures, ce n'était pas acquis : il suffit d'un quart d'heure perdu au démarrage pour que le dernier temps saute.

De nombreux volontaires sont passés, les uns après les autres, dans les applaudissements et la bonne humeur. C'est le meilleur indicateur qu'une initiation a fonctionné : les élèves qui se lèvent pour lire n'ont pas été convaincus par un discours sur le slam, ils ont été convaincus par le texte qu'ils venaient d'écrire.

Ce que ce projet a permis d’explorer

Le format court convient aux établissements qui veulent ouvrir une porte sans monter un projet sur l'année : une séance par classe, un temps fort, une semaine de la poésie. Si c'est votre cas, parlons de ce qui tient dans vos deux heures.

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