Un atelier slam sur l’égalité filles-garçons au collège de Lège-Cap-Ferret

Deux classes de 4e écrivent sur l'égalité filles-garçons, et tous les 5e découvrent le slam le temps d'une heure. Au collège de Lège-Cap-Ferret, la restitution se joue sur scène, en pleine cour, lors de la fête du collège.

Auteur : Esope · Intervenants slam : Esope

Un intervenant slam bras ouverts devant une classe, en pleine explication
Cela fait quatre à cinq ans que ce projet se reconduit au collège de Lège-Cap-Ferret.

Depuis quatre ou cinq ans, je reviens chaque année au collège de Lège-Cap-Ferret pour deux projets bien différents. Deux classes de 4e mènent un atelier slam sur l'égalité filles-garçons, un thème imposé par l'établissement, pendant que toutes les classes de 5e reçoivent une heure de découverte du slam, sans thème, simplement pour l'initiation.

Le contexte : un thème engagé, et une porte d’entrée pour tous

L'égalité filles-garçons est un sujet que l'Éducation nationale porte activement, et le collège avait envie d'un format qui dépasse le débat oral classique. Le slam permet de traiter un sujet de société sans tomber dans la leçon : chaque élève y apporte sa propre expérience, ce qui évite les généralités et les positions toutes faites. En parallèle, les 5e bénéficient d'une heure de découverte pure, sans enjeu thématique — une manière de familiariser tout un niveau avec l'exercice avant, éventuellement, de le retrouver l'année suivante sur un projet plus long.

Des élèves lèvent la main pendant une séance de découverte du slam

Le déroulement du projet

Pour les 4e, le travail démarre par une collecte de situations vécues ou observées — à la maison, dans la cour, dans les médias — avant de les transformer en images et en vers. Le thème étant sensible, je veille à ce que chaque texte parte d'un vécu précis plutôt que d'une opinion générale, ce qui évite les textes moralisateurs et produit une écriture plus juste. Pour les 5e, l'heure de découverte suit un format condensé : jeux oraux, une première écriture rapide, une mise en voix collective. L'objectif n'est pas la performance, mais le contact.

Les techniques travaillées

Sur le projet des 4e, on retrouve un travail approfondi de l'image et de la construction, nécessaire pour traiter un sujet aussi vaste sans rester en surface. Sur l'heure de découverte des 5e, l'accent porte sur l'oralité immédiate : dire quelque chose, debout, devant les autres, sans viser un texte abouti.

Ce que les élèves ont travaillé

Les élèves de 4e ont été amenés à formuler un point de vue personnel sur un sujet de société, ce qui suppose à la fois de la réflexion et du courage — certains textes touchent à des situations vécues dans leur propre entourage. Les 5e, eux, ont surtout expérimenté la prise de parole devant leurs camarades, souvent pour la première fois dans ce cadre.

Le moment marquant

La restitution a lieu lors de la fête du collège, sur une scène installée en plein milieu de la cour. Je choisis moi-même la poignée d'élèves qui montent, en tenant compte à la fois de la qualité du texte et de l'envie de chacun — certains textes très forts restent parfois non dits parce que leur auteur préfère ne pas monter, et je respecte toujours ce choix. Voir un texte sur l'égalité filles-garçons résonner dans une cour de collège en pleine fête, entre les stands et les familles, donne au sujet une présence qu'aucune salle de classe ne peut offrir.

Un intervenant en casquette s’adresse à une classe devant le tableau
Avant la scène en plein air, un temps de répétition en classe pour choisir qui monte.

Ce que ce projet a permis d’explorer

Faire cohabiter un projet thématique engagé et une simple heure de découverte, dans le même établissement et la même semaine, montre qu'un collège peut adapter le format du slam à des objectifs très différents. Si vous portez un projet sur un thème de société ou souhaitez simplement faire découvrir le slam à un niveau entier, parlons du format qui conviendra le mieux.

Vous souhaitez imaginer un projet similaire ?

Esope conçoit des ateliers de slam, d'écriture, de poésie, de rap et d'éloquence adaptés aux publics, aux objectifs et au contexte de chaque structure.

Les autres projets

Le parcours

Esope

Depuis l'adolescence, j'ai voulu construire des projets en lien avec le slam et le rap. Je ne savais pas quoi ni comment, mais je voulais faire des choses. Faire des choses non seulement pour alimenter et partager ma passion, mais également pour grandir et vivre avec elle.

Au cours de mon parcours, j'ai saisi toutes les opportunités qui s'offraient à moi. J'ai écumé les scènes slam, enregistré des chansons de rap, publié un recueil, organisé des visites en poésie de lieux culturels et même défendu ma verve au Rap Contenders.

Aujourd'hui, je trouve beaucoup de plaisir à faire des conférences, des ateliers slam ou des formations d'éloquence. J'essaye toujours de partager ce que je sais en étant le plus créatif et pertinent possible. À travers l'enseignement, j'ai aussi trouvé une façon de continuellement apprendre.

Transmettre est un mot qui pourrait définir la vision de mon métier. Via des ateliers slam ou des performances artistiques, c'est exactement ça que je fais : transmettre.

Prix et distinctions

Générer de l'ambition

Très souvent, mes ateliers se déroulent dans une classe qui n'a jamais pratiqué l'écriture poétique. Pour beaucoup, réussir à écrire un texte de slam n'est même pas envisageable. L'ambition est une construction sociale, elle est liée à notre culture. La bonne nouvelle, c'est que si c'est culturel, c'est quelque chose qu'on peut apprendre, former et construire.

Esope sur scène, souriant, le bras tendu vers le public
Sur scène. C'est de là que vient tout ce que je transmets en atelier.