Deux journées de slam avec des CM2, à Biganos

À Biganos, 26 élèves de CM2 ont enchaîné deux journées de six heures d'atelier slam. Très demandeurs, débordants d'imagination : à cet âge, la poésie n'a aucune limite.

Auteur : Esope · Intervenants slam : Esope

Illustration au trait d’une classe qui lève la main, intervenant debout devant le tableau
Vingt-six élèves très demandeurs — la difficulté a été de donner la parole à tout le monde.

Vingt-six élèves de CM2, à Biganos, ont enchaîné deux journées de six heures d'atelier slam. Un volume horaire conséquent pour cet âge, et un groupe qui l'a rempli sans jamais faiblir.

Le contexte : un groupe nombreux, très demandeur

Vingt-six élèves sur un atelier d'écriture, c'est un chiffre qui peut inquiéter — la parole individuelle se dilue vite dans un grand groupe. Ici, c'est l'inverse qui s'est produit : le nombre a nourri l'énergie collective plutôt que de la freiner. La difficulté n'a pas été de motiver le groupe, mais de trouver le temps de faire passer tout le monde au micro.

Le déroulement des deux journées

Douze heures au total, réparties sur deux journées complètes, ont permis d'aller au bout d'une vraie progression : jeux oraux, collecte d'images, écriture, réécriture, mise en voix. Avec un groupe aussi nombreux, chaque étape a demandé plus de temps qu'à l'accoutumée pour que chacun ait son tour — mais le rythme n'a jamais faibli.

Illustration au trait de deux mains qui comptent un rythme

Les techniques travaillées

Le travail a suivi la progression habituelle du slam — comparaison, image, rythme, mise en voix — mais avec un ingrédient propre à cet âge : une imagination qui ne connaît aucune limite. C'est exactement sur ce point que je me suis concentré, parce que c'est lui qui fait avancer vite : les images viennent sans effort, et il ne reste qu'à leur donner une forme.

Ce que les élèves ont travaillé

Cet atelier a permis de travailler l'écriture d'une image et la prise de parole devant un grand groupe, mais surtout d'entretenir un réflexe qui s'émousse souvent avec l'âge : oser, sans se poser trop de questions. À cet âge, l'idée arrive et se dit presque dans le même mouvement — un rapport à l'écriture que je ne retrouve pas toujours chez des élèves plus grands, plus soucieux du regard des autres.

Illustration au trait de deux poings qui se cognent

Le moment marquant

Ce qui frappe avec un groupe de CM2, c'est la vitesse à laquelle une idée devient un texte, puis un passage au micro. Il n'y a pas ce temps de flottement qu'on observe souvent chez des élèves plus âgés, plus soucieux du regard des autres avant d'oser. Vingt-six élèves qui gardent cette énergie sur deux journées entières, sans jamais se lasser, c'est suffisamment rare pour être noté.

Ce que ce projet a permis d’explorer

Deux journées avec vingt-six CM2 ont confirmé ce que j'observe souvent à cet âge : l'imagination ne connaît pas encore de limite, et c'est elle qui fait tout le travail. Si votre école prépare un projet d'écriture avec un grand groupe, quel que soit l'âge, parlons du format qui conviendrait.

Vous souhaitez imaginer un projet similaire ?

Esope conçoit des ateliers de slam, d'écriture, de poésie, de rap et d'éloquence adaptés aux publics, aux objectifs et au contexte de chaque structure.

Les autres projets

Le parcours

Esope

Depuis l'adolescence, j'ai voulu construire des projets en lien avec le slam et le rap. Je ne savais pas quoi ni comment, mais je voulais faire des choses. Faire des choses non seulement pour alimenter et partager ma passion, mais également pour grandir et vivre avec elle.

Au cours de mon parcours, j'ai saisi toutes les opportunités qui s'offraient à moi. J'ai écumé les scènes slam, enregistré des chansons de rap, publié un recueil, organisé des visites en poésie de lieux culturels et même défendu ma verve au Rap Contenders.

Aujourd'hui, je trouve beaucoup de plaisir à faire des conférences, des ateliers slam ou des formations d'éloquence. J'essaye toujours de partager ce que je sais en étant le plus créatif et pertinent possible. À travers l'enseignement, j'ai aussi trouvé une façon de continuellement apprendre.

Transmettre est un mot qui pourrait définir la vision de mon métier. Via des ateliers slam ou des performances artistiques, c'est exactement ça que je fais : transmettre.

Prix et distinctions

Générer de l'ambition

Très souvent, mes ateliers se déroulent dans une classe qui n'a jamais pratiqué l'écriture poétique. Pour beaucoup, réussir à écrire un texte de slam n'est même pas envisageable. L'ambition est une construction sociale, elle est liée à notre culture. La bonne nouvelle, c'est que si c'est culturel, c'est quelque chose qu'on peut apprendre, former et construire.

Esope sur scène, souriant, le bras tendu vers le public
Sur scène. C'est de là que vient tout ce que je transmets en atelier.