Des ateliers slam et éloquence avec neuf participants, à la médiathèque d’Ambès
Neuf participants, des ateliers de quatre heures, et deux disciplines qui se répondent : le slam pour trouver ses mots, l'éloquence pour apprendre à les porter. De la page blanche à la prise de parole debout, jusqu'à une restitution devant le groupe.
Auteur : Esope · Intervenants slam : Esope
Neuf participants, des ateliers de quatre heures, à la médiathèque d'Ambès. Au programme, deux disciplines qui se répondent : l'atelier slam pour trouver ses mots, l'atelier éloquence pour apprendre à les porter. Au bout, une restitution devant le groupe.
Le contexte : une médiathèque au bout de la presqu’île
Ambès est à la pointe de la presqu'île où la Garonne et la Dordogne se rejoignent. Sa médiathèque est un lieu où l'on vient pour les mots, mais pas pour être évalué : le terrain idéal pour écrire sans pression. À neuf, personne ne peut se cacher au fond de la salle, mais personne ne se sent jeté dans l'arène. Chacun passe plusieurs fois, se trompe, recommence, et entend les autres faire de même.
Pourquoi associer le slam et l’éloquence
Les deux ateliers travaillent la même chose, chacun par un bout. Le slam part de l'écrit : une image, un rythme, une phrase qui sonne juste. L'éloquence part de la voix : respirer, regarder, tenir un silence, convaincre. Un texte de slam mal dit ne touche personne ; un bel oral sans rien à dire tourne à vide. Réunis, ils donnent à chacun quelque chose à dire, et la manière de le dire.
Le slam : écrire sans copie ni note
Pas de bonne réponse, pas d'orthographe qui disqualifie. Des contraintes simples, des amorces et des jeux à voix haute font démarrer l'écriture sans qu'on ait à se livrer d'emblée. Viennent ensuite les outils : la comparaison et la métaphore pour faire voir ce qu'on veut dire, la rime et le rythme pour que la phrase importante tombe au bon endroit. Le slam autorise le détour : chacun choisit ce qu'il met de lui dans son texte.
L’éloquence : se lever et porter sa voix
Puis on se lève. La respiration, qui calme le trac avant la première phrase. Le débit, qu'on ralentit toujours plus qu'on ne le croit. Le regard, qui transforme une lecture en adresse. Le silence, qui donne son poids à la phrase qui suit. Des outils concrets, qui servent bien au-delà de l'atelier : prendre la parole en classe, passer un oral, défendre une idée.
Le moment marquant
Parmi les neuf, un jeune ne pensait vraiment pas y arriver. Pas un doute passager : une conviction. Il écrivait, il faisait les exercices, mais se lever devant les autres n'était pas pour lui. Au bout de trois heures d'atelier, rien n'avait changé dans sa tête.
Puis est venue la restitution, et il s'est révélé. Il a respiré avant de commencer, quitté sa feuille des yeux pour regarder le groupe, ralenti son débit, posé ses silences juste avant les phrases qui comptaient. Tout ce qu'on avait travaillé, tout ce que je lui avais conseillé, il l'a mis en pratique d'un coup, au moment où ça comptait.
La confiance arrive souvent après, pas avant. On ne se sent pas prêt, on y va quand même, et c'est en le faisant qu'on découvre qu'on en était capable.
Ce que ce projet a permis d’explorer
Associer l'écrit et l'oral, c'est donner à chacun les deux moitiés de la prise de parole. Si vous programmez une médiathèque, une bibliothèque ou un lieu culturel, découvrez les interventions en structure jeunesse ou parlons de votre projet.