Un atelier slam pour adultes à la Maison Baffort, à Étauliers
À la Maison Baffort d'Étauliers, l'association Queskonfabrik m'a invité à mener un atelier slam pour un groupe d'adultes. Trois heures d'écriture, une scène ouverte qui a rempli la petite salle, et une envie commune d'en refaire une tradition.
Auteur : Esope · Intervenants slam : Esope
L'association Queskonfabrik m'a contacté pour animer un atelier slam à la Maison Baffort, à Étauliers. Un format resserré — trois heures d'écriture suivies d'une heure et demie de scène ouverte — pour un groupe d'adultes venus par curiosité, sans autre obligation que l'envie.
Le contexte : un public adulte, un cadre associatif
Les ateliers slam que je mène s'adressent le plus souvent à des scolaires ; celui-ci s'adressait à des adultes, réunis par une association locale plutôt que par un établissement. Le cadre change tout : personne n'est là par obligation, chacun vient avec son propre rapport à l'écriture, parfois abandonné depuis des années. Queskonfabrik cherchait précisément ce type de proposition — une activité culturelle accessible, ouverte à tous les habitants de la commune, sans prérequis.
Le déroulement de l’atelier
Sept participants se sont présentés, un nombre qui permet un accompagnement presque individuel. Parmi eux, le maire de la commune, venu comme n'importe qui d'autre et qui s'est prêté au jeu de l'écriture avec la même application que les autres — un détail qui a beaucoup contribué à l'ambiance générale : personne ne se sentait au-dessus ou en dessous de l'exercice.
Les trois heures d'atelier ont suivi une progression classique — jeux oraux, collecte d'images personnelles, écriture, premiers essais à voix haute — mais avec un rythme différent de celui d'une classe : plus de temps par personne, plus d'échanges informels entre les textes, une ambiance que je qualifierais volontiers de cosy. L'heure et demie de scène ouverte qui a suivi n'était pas réservée aux seuls participants : elle était annoncée comme ouverte à tous, ce qui a changé la nature de la restitution.
Les techniques travaillées
Avec des adultes, on peut aller plus vite sur certains aspects — la compréhension de la consigne, la lecture d'un texte à voix haute — mais le travail sur l'image et la construction reste identique à celui que je mène ailleurs : comparaison, détail concret, économie de mots. Ce qui change surtout, c'est la matière : les adultes puisent dans un passé plus long, ce qui donne des textes différents, parfois plus directement personnels.
Ce que les participants ont travaillé
L'atelier a offert un espace pour écrire sans enjeu scolaire ni professionnel — une rareté pour beaucoup d'adultes, qui n'ont plus l'occasion d'écrire un texte personnel depuis longtemps. Les participants ont aussi été amenés à prendre la parole devant un public qui dépassait le seul groupe de l'atelier, puisque la scène ouverte a attiré du monde venu de l'extérieur.
Le moment marquant
La scène ouverte a rempli la petite scène d'intérieur de l'établissement — bien au-delà des sept participants de l'atelier. Chacun d'entre eux est passé, sous le regard des familles venues assister, et la soirée a eu assez de succès pour que nous nous disions, sur place, que nous voulions en faire un rendez-vous récurrent.
Ce que ce projet a permis d’explorer
Ce qui m'a marqué dans ce projet, c'est la vitesse à laquelle un groupe d'adultes venus par simple curiosité s'est transformé en une soirée de scène ouverte qui a rempli la salle. Si votre association ou votre commune veut proposer une activité d'écriture accessible à tous les habitants, on peut construire ensemble un format comme celui-ci.