Une scène slam ouverte au Rocher de Palmer, à Cenon, pendant le Nouveau Festival

Au Rocher de Palmer, à Cenon, pendant le Nouveau Festival, j'ai animé une scène slam ouverte à tout le monde. D'anciens lycéens croisés en atelier dans la région sont venus reprendre leurs textes, d'autres ont découvert la scène pour la première fois.

Auteur : Esope · Intervenants slam : Esope

Un performeur bras ouverts sur une scène de festival, face à un public nombreux
Une scène ouverte à tous, sans liste ni sélection : il suffisait d’avoir envie de monter.

Le Rocher de Palmer, à Cenon, m'a confié l'animation d'une scène slam ouverte pendant le Nouveau Festival. Une scène ouverte, ça veut dire une chose simple : n'importe qui peut monter dire un texte, sans audition ni sélection. Ce jour-là, le public a mêlé des visages que je connaissais bien et d'autres que je découvrais.

Le contexte : animer, pas seulement écrire

Ce projet est différent des ateliers slam que je mène habituellement en milieu scolaire. Ici, pas de classe à accompagner sur plusieurs séances : mon rôle était d'animer une scène, de créer un climat où prendre la parole devient possible pour n'importe qui dans le public, et de tenir le rythme de la soirée. C'est un exercice qui demande une autre forme d'attention — moins la pédagogie d'un atelier, plus la présence d'un maître de cérémonie.

Le déroulement de la scène ouverte

Une scène ouverte se construit en direct. J'ouvre en général par un texte ou un mot d'accueil, puis je lance des appels au public par vagues, en gardant un œil sur le rythme : ne pas laisser de blanc trop long, ne pas enchaîner deux textes trop proches en intensité, garder de la place pour les hésitants qui se décident au dernier moment.

  • Les habitués. Certains sont venus avec un texte déjà prêt, écrit avant de venir.
  • Les anciens élèves. Plusieurs lycéens croisés en atelier dans la région sont montés reprendre d'anciens textes, parfois retravaillés depuis.
  • Les nouveaux visages. Des spectateurs venus sans intention de monter ont fini par prendre le micro, portés par l'ambiance du reste de la salle.

Ce que ce format permet

Une scène ouverte n'apprend pas une technique au sens strict, mais elle offre un espace pour oser, pour tester un texte devant un vrai public, et pour observer ce que d'autres font de la même contrainte — dire un texte, debout, au micro. Pour les anciens élèves présents, c'est aussi l'occasion de mesurer le chemin parcouru depuis l'atelier.

Un slameur debout sur scène, bras levé, sous des projecteurs jaunes, face à une foule dense

Le moment marquant

Voir revenir des lycéens que j'avais eus en atelier, parfois plusieurs années plus tôt, et les voir remonter sur scène avec un texte qu'ils avaient écrit à l'époque — retravaillé, parfois presque méconnaissable — c'est exactement ce que je cherche à provoquer avec ces interventions : que le texte continue à vivre après l'atelier, sans moi.

Un microphone sur pied, prêt pour une prise de parole
Le même micro pour tout le monde : un ancien élève, un inconnu, ou un habitué de la scène.

Ce que ce projet a permis d’explorer

Une scène slam ouverte ne se prépare pas comme un atelier, mais elle en prolonge l'esprit : donner à n'importe qui l'occasion de dire un texte, devant un public. Si votre structure organise un événement culturel et cherche une animation slam ouverte à tous, on peut en discuter le format.

Vous souhaitez imaginer un projet similaire ?

Esope conçoit des ateliers de slam, d'écriture, de poésie, de rap et d'éloquence adaptés aux publics, aux objectifs et au contexte de chaque structure.

Les autres projets

Le parcours

Esope

Depuis l'adolescence, j'ai voulu construire des projets en lien avec le slam et le rap. Je ne savais pas quoi ni comment, mais je voulais faire des choses. Faire des choses non seulement pour alimenter et partager ma passion, mais également pour grandir et vivre avec elle.

Au cours de mon parcours, j'ai saisi toutes les opportunités qui s'offraient à moi. J'ai écumé les scènes slam, enregistré des chansons de rap, publié un recueil, organisé des visites en poésie de lieux culturels et même défendu ma verve au Rap Contenders.

Aujourd'hui, je trouve beaucoup de plaisir à faire des conférences, des ateliers slam ou des formations d'éloquence. J'essaye toujours de partager ce que je sais en étant le plus créatif et pertinent possible. À travers l'enseignement, j'ai aussi trouvé une façon de continuellement apprendre.

Transmettre est un mot qui pourrait définir la vision de mon métier. Via des ateliers slam ou des performances artistiques, c'est exactement ça que je fais : transmettre.

Prix et distinctions

Générer de l'ambition

Très souvent, mes ateliers se déroulent dans une classe qui n'a jamais pratiqué l'écriture poétique. Pour beaucoup, réussir à écrire un texte de slam n'est même pas envisageable. L'ambition est une construction sociale, elle est liée à notre culture. La bonne nouvelle, c'est que si c'est culturel, c'est quelque chose qu'on peut apprendre, former et construire.

Le manifeste

Créer un espace bienveillant qui permet aux jeunes de s'exprimer en toute liberté.

  1. Atelier non conventionnel Bien que la forme soit scolaire, mon attitude est celle d'un intervenant extérieur.
  2. Pratiquer pour comprendre L'élève devient auteur et orateur, mais aussi spectateur attentif des autres créations.
  3. Plus aucune hiérarchie Les cartes sont redistribuées pour que la pression scolaire ne freine pas l'écriture.
  4. Célébrer le courage Pas d'applaudissements, pas d'art. L'élève doit être conscient de la mission accomplie.