Vivre ensemble et cohésion de groupe : une activité qui les travaille vraiment

« Vivre ensemble », « solidarité », « cohésion » : ces mots reviennent dans tous les projets d'établissement et dans presque tous les appels à projets. Le problème n'est jamais de les écrire dans un dossier, c'est de trouver une activité qui les travaille pour de bon. En voici une, avec ce qu'elle produit et ce qu'elle demande.

Auteur : Esope · Intervenant slam : Esope

Un groupe ne devient pas solidaire parce qu'on lui a expliqué la solidarité. Il le devient quand il lui arrive quelque chose ensemble. C'est tout l'écart entre une intervention sur le vivre ensemble et un projet qui le produit — et c'est la raison pour laquelle les ateliers d'écriture et d'oralité sont demandés sur ce thème : le dispositif fait le travail, pas le propos.

J'ai mené ces projets avec tous les 4e du collège d'Arveyres sur la solidarité, avec des 3e au collège Cheverus à Bordeaux, et avec quatre classes de deux collèges du Tarn réunies pour une restitution commune. Voici ce que ces projets demandent, et ce qu'ils donnent.

Ce qui fait le travail, dans l’atelier

  • Écouter quelqu'un jusqu'au bout. C'est la règle du passage, et elle est tenue. Dans une classe, entendre un camarade parler trois minutes sans être coupé est une expérience rare — et en entendre trente, c'est une matinée qui ne ressemble à aucune autre.
  • Découvrir qui sont les autres. Les textes disent des choses que les conversations de couloir ne disent pas. Le groupe apprend sur lui-même, et pas par un questionnaire.
  • Monter sur scène ensemble. La restitution crée un avant et un après. À Arveyres, ils étaient plus de quarante sur scène, dans le gymnase, devant tout le collège.
  • Ne récompenser ni les notes ni la popularité. L'atelier redistribue les places le temps de quelques heures, et il arrive que ça dure au-delà.

Thème imposé ou thème libre ?

C'est l'arbitrage de départ, et les deux se défendent.

Le thème imposé — la solidarité, le respect, le vivre ensemble — rend le projet lisible : il s'inscrit dans une séquence, il se finance, il se raconte. C'est ce que nous avons fait à Arveyres et à Cheverus. Il a un coût : à Cheverus, cinq heures sur huit sont parties dans l'écriture, ce qui a obligé à trancher sur l'oral — quatre consignes, pas une de plus. Un thème imposé ralentit toujours un peu l'écriture.

Le thème libre produit des textes plus personnels et plus variés, et le vivre ensemble se travaille alors par le dispositif seul. C'est souvent plus fort pour le groupe, et plus difficile à écrire dans un dossier de financement. À vous de voir ce que le projet doit servir en premier.

Deux montages qui marchent

  • Un niveau entier. Toutes les classes de 4e, chacune ses heures, une restitution commune. C'est le montage d'Arveyres : plus de vingt heures de projet au total, et un événement qui concerne tout l'établissement plutôt qu'une classe. C'est aussi le montage qui justifie le mieux un financement.
  • Deux établissements qui se rencontrent. Chaque structure mène son atelier de son côté, et les deux groupes se retrouvent pour une restitution commune. Dans le Tarn, quatre classes de deux collèges se sont réunies en amphithéâtre devant plus de deux cents personnes. La rencontre devient le moment fort — et les frais de déplacement se partagent.

Les mots qu’on met dans le dossier

Un projet d'écriture et d'oralité coche, sans forcer, une bonne partie de ce qu'un dossier attend sur ce thème : prise de parole, écoute, estime de soi, respect de la parole de l'autre, expression des émotions, cohésion de groupe. Il relève du parcours d'éducation artistique et culturelle, mobilise la part collective du pass Culture au collège et au lycée, et se raccroche aussi bien à l'EMC qu'au projet d'établissement ou à un dispositif de collectivité.

Une réserve, et elle est importante : tout cela se constate après, ça ne se garantit pas avant. Je ne promets pas un groupe transformé. Je décris ce que l'atelier met en place — et ce qui en sort appartient au groupe.

Combien ça coûte

60 à 90 € de l'heure d'animation, le plancher de 60 € correspondant au tarif de référence employé par les DRAC pour les interventions artistiques en milieu scolaire. L'effectif d'une classe ne change pas ce tarif ; le nombre de classes le multiplie, puisque chacune a ses propres heures. L'animation de la restitution se compte à part, de 60 à 100 €, et les déplacements aussi.

Et concrètement ? Le tarif d'un atelier se situe entre 60 et 90 € de l'heure suivant la structure qui l'organise, et je me déplace partout en France. Pour connaître mes tarifs, c'est dans le simulateur de devis : il chiffre votre projet en quelques questions, et le devis officiel s'établit ensuite après un échange.

Faire venir un intervenant

Esope intervient depuis 2016 en collège, en lycée, en école, en structure jeunesse et en établissement médico-social. Champion de France de slam, agréé par l’Éducation nationale.

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