Un atelier d’écriture en structure de santé ou d’accompagnement

Un foyer d'accueil médicalisé, un SESSAD, un service d'addictologie ou un groupe de seniors ne ressemblent à aucun des publics pour lesquels un atelier d'écriture est habituellement pensé. Les séances sont courtes, les groupes petits, et l'écrit n'est pas toujours accessible. L'atelier tient quand même — à condition de changer trois choses.

Auteur : Esope · Intervenant slam : Esope

Ces structures programment rarement un atelier d'écriture, et quand elles le font, c'est souvent sans savoir à quoi s'attendre. La crainte est toujours la même : que l'exercice soit trop exigeant, trop scolaire, ou qu'il mette certains participants en échec devant les autres. Elle est légitime, et c'est exactement ce qui se produit si on transpose tel quel un atelier conçu pour une classe.

Transposé correctement, il se passe autre chose. J'interviens dans ces cadres depuis plusieurs années : un foyer d'accueil médicalisé à Saint-Denis-de-Pile, un SESSAD à Toulon avec quatre enfants en situation de déficience intellectuelle, un parcours reconduit depuis quatre ans avec un CEID, un groupe de plus de soixante ans au Haillan. Voici ce que ces contextes demandent.

Ce qui change par rapport à une classe

  • Le groupe est petit. Quatre, six, huit personnes. Ce n'est pas une contrainte, c'est une condition : chacun est accompagné individuellement sur son texte, et le passage devant cinq personnes est franchissable là où le passage devant trente ne l'est pas.
  • La séance est courte, mais elle revient. Une heure par semaine pendant six semaines vaut mieux qu'une journée de six heures. C'est le format que je mène au FAM de Saint-Denis-de-Pile, et la régularité fait une part du travail : le groupe sait que ça revient, et il arrive avec quelque chose.
  • L'écrit n'est pas le passage obligé. Quand écrire n'est pas possible — fatigue, handicap, âge, rapport difficile à la feuille — l'atelier se conduit entièrement à l'oral. Le participant dit, j'écris, le texte reste le sien. Au SESSAD de Toulon, l'atelier a démarré comme un atelier slam conduit à l'oral et il est devenu un atelier rap.
  • Le rythme se règle sur le groupe, pas sur la montre. Le temps d'écriture s'arrête quand le groupe a fini d'écrire. C'est vrai partout, et c'est non négociable ici.

Ce que l’atelier travaille, concrètement

Il faut être précis, parce que c'est sur ce point que les propositions artistiques en santé et social promettent souvent plus qu'elles ne tiennent.

Ce que l'atelier fait : il donne une place, et une forme. Quelqu'un écrit quelque chose qui vient de lui, le dit devant d'autres, et est écouté jusqu'au bout. Pour beaucoup, ce dernier point — être écouté jusqu'au bout, sans interruption et sans correction — est plus rare qu'on ne l'imagine. L'attention du groupe pendant un passage est un fait observable, pas une interprétation.

Ce que l'atelier n'est pas : une thérapie. Il arrive qu'il en ait l'effet, et c'est souvent de là que sortent les textes les plus forts. Mais ça ne se provoque pas et ça ne se promet pas. Je ne suis pas thérapeute, je ne fais parler personne, et je ne demande à personne d'aller chercher ce qu'il ne veut pas sortir. L'équipe de la structure reste présente du début à la fin, parce que ce qu'un texte remue se poursuit après mon départ.

La restitution : à l’intérieur ou dehors

C'est l'arbitrage le plus important du projet, et il n'a pas de bonne réponse par défaut.

À l'intérieur, devant les autres résidents et l'équipe : le cadre est connu, personne n'est exposé, et c'est déjà une scène. C'est le bon choix pour un premier projet.

Dehors, sur une scène ouverte ou dans un lieu culturel : l'effet est d'une autre nature. Sortir de l'institution pour dire son texte devant un public qui n'est pas celui du quotidien change le statut de ce qui a été écrit. C'est ce que nous faisons avec la Ferme Merlet, dont le parcours annuel se termine sur la scène slam ouverte de L'Accordeur. Ça ne se décide pas au début du projet : ça se décide quand le groupe est prêt, et il peut ne pas l'être.

Combien ça coûte, et qui finance

Le tarif ne change pas selon le public : 60 à 90 € de l'heure d'animation, le plancher de 60 € correspondant au tarif de référence employé par les DRAC pour les interventions artistiques. Un groupe réputé difficile, un public fragile ou un accompagnement renforcé ne se facturent pas plus cher. Ce qui change le budget, c'est le volume — et le format d'une heure par semaine multiplie les déplacements, qui se chiffrent à part, au barème kilométrique ou aux frais réels. C'est le premier point à regarder quand la structure est loin.

Et concrètement ? Le tarif d'un atelier se situe entre 60 et 90 € de l'heure suivant la structure qui l'organise, et je me déplace partout en France. Pour connaître mes tarifs, c'est dans le simulateur de devis : il chiffre votre projet en quelques questions, et le devis officiel s'établit ensuite après un échange.

Faire venir un intervenant

Esope intervient depuis 2016 en collège, en lycée, en école, en structure jeunesse et en établissement médico-social. Champion de France de slam, agréé par l’Éducation nationale.

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