Quatre ans de slam à la Ferme Merlet (CEID), à Saint-Denis-de-Pile

Tout est parti d'un atelier de deux heures à L'Accordeur. Quatre ans plus tard, la Ferme Merlet, un CEID, reconduit chaque année un parcours de 20 h, et la restitution est devenue une scène slam ouverte qui attire de plus en plus de monde.

Auteur : Esope · Intervenants slam : Esope

Illustration au trait d’un performeur en contre-jour au micro, face à un public
La restitution à L’Accordeur, devenue au fil des années une scène slam ouverte à tous.

Ce projet a commencé par un atelier slam de deux heures, à L'Accordeur, avec des résidents de la Ferme Merlet, un CEID. Quatre ans plus tard, la structure me confie chaque année un parcours de 20 h directement sur place, et la restitution qui clôturait cet atelier ponctuel est devenue une scène slam ouverte à tous, qui attire aujourd'hui un public de plus en plus large.

Le contexte : un atelier ponctuel qui a fait mouche

Rien ne prévoyait, au départ, que cet atelier dure plus d'une après-midi. Le public a particulièrement accroché au slam et au format, et la Ferme Merlet a fini par commander un parcours de 20 h directement dans ses murs. Le public est adulte, sensible et très attachant — un public qui n'a souvent pas eu l'occasion de mettre des mots sur son propre parcours, encore moins de les dire debout devant les autres.

Illustration au trait d’un profil pensif, poing fermé contre le menton

Le déroulement : un projet qui s’est installé dans la durée

Le parcours s'est progressivement installé dans le temps, jusqu'à donner naissance à plusieurs sous-projets et expériences autour du slam.

  • Une soirée slam à Bordeaux, où certains participants sont montés sur scène en dehors du cadre de la structure.
  • Un tournoi de slam en Bretagne, qui a fait voyager le projet bien au-delà de la Gironde.
  • Un Happening Slam dans la salle BOMA, un format différent pour continuer à faire vivre le collectif.
  • Une scène slam ouverte à L'Accordeur, à Saint-Denis-de-Pile — le prolongement le plus important, sur lequel je reviens plus bas.

Ces ateliers sont très orientés vers l'expression personnelle. On y travaille notamment autour de la vie, du passé, de l'entourage et des problématiques liées aux addictions. Le slam sert ici de véritable outil pour mettre des mots sur son expérience et reprendre confiance dans sa capacité à écrire et à prendre la parole.

Illustration au trait de trois personnes assises au bord de l’eau, face à un clocher au loin
Les sous-projets nés de l’atelier ont aussi pris la forme de simples moments passés ensemble.

Les techniques travaillées

  • Les techniques d'écriture et les rimes.
  • Les images et les métaphores.
  • La manière de parler de soi à travers l'écriture.
  • L'éloquence et la prise de parole.
  • La gestion du stress et la confiance en soi.
  • L'acceptation du regard des autres sur ce que l'on écrit.

L'un des aspects importants du projet est que tout le monde joue le jeu, y compris l'équipe encadrante. Cela permet de créer un véritable espace de confiance et de cohésion : personne, dans la salle, n'est simplement là pour observer.

Ce que les participants ont travaillé

Au-delà de l'écriture et de la scène, le rendez-vous régulier créé par les ateliers est lui-même important : il permet de retrouver les participants, de maintenir un lien, de créer une dynamique collective et de redonner progressivement confiance dans sa propre parole, mais aussi dans celle des autres.

Le moment marquant : une restitution devenue scène ouverte

L'un des prolongements les plus importants de ce partenariat est la restitution organisée à L'Accordeur, à Saint-Denis-de-Pile. Elle a progressivement dépassé le cadre d'une simple présentation de fin d'atelier pour devenir une véritable scène slam ouverte à tous. Elle attire aujourd'hui de plus en plus de monde et est devenue un rendez-vous important du slam dans la région.

Ce que ce projet a permis d’explorer

L'intérêt de ce projet tient dans son chemin : un atelier ponctuel de deux heures a donné naissance à un partenariat de plusieurs années, puis à tout un écosystème autour du slam, jusqu'à créer une scène ouverte qui attire aujourd'hui un public de plus en plus large. Si votre structure de santé ou médico-sociale envisage un premier atelier, même court, on peut en discuter le format.

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Esope conçoit des ateliers de slam, d'écriture, de poésie, de rap et d'éloquence adaptés aux publics, aux objectifs et au contexte de chaque structure.

Les autres projets

Le parcours

Esope

Depuis l'adolescence, j'ai voulu construire des projets en lien avec le slam et le rap. Je ne savais pas quoi ni comment, mais je voulais faire des choses. Faire des choses non seulement pour alimenter et partager ma passion, mais également pour grandir et vivre avec elle.

Au cours de mon parcours, j'ai saisi toutes les opportunités qui s'offraient à moi. J'ai écumé les scènes slam, enregistré des chansons de rap, publié un recueil, organisé des visites en poésie de lieux culturels et même défendu ma verve au Rap Contenders.

Aujourd'hui, je trouve beaucoup de plaisir à faire des conférences, des ateliers slam ou des formations d'éloquence. J'essaye toujours de partager ce que je sais en étant le plus créatif et pertinent possible. À travers l'enseignement, j'ai aussi trouvé une façon de continuellement apprendre.

Transmettre est un mot qui pourrait définir la vision de mon métier. Via des ateliers slam ou des performances artistiques, c'est exactement ça que je fais : transmettre.

Prix et distinctions

Générer de l'ambition

Très souvent, mes ateliers se déroulent dans une classe qui n'a jamais pratiqué l'écriture poétique. Pour beaucoup, réussir à écrire un texte de slam n'est même pas envisageable. L'ambition est une construction sociale, elle est liée à notre culture. La bonne nouvelle, c'est que si c'est culturel, c'est quelque chose qu'on peut apprendre, former et construire.

Esope sur scène, souriant, le bras tendu vers le public
Sur scène. C'est de là que vient tout ce que je transmets en atelier.