Deux jours de slam et de rap à l’AFPA de Guéret, et un clip à l’arrivée
Quatre ateliers de trois heures, concentrés sur deux jours. L'objectif : embarquer le groupe dans une discipline artistique, lui faire reprendre la main sur la langue française, et lui montrer ce qu'on peut faire avec. Le rendu a été filmé pour en faire un clip.
Auteur : Esope · Intervenants slam : Esope
Un stage de slam et de rap à l'AFPA La Souterraine, à Guéret : quatre ateliers de trois heures, concentrés sur deux jours, avec un groupe en formation.
Embarquer un groupe qui n’a rien demandé à l’art
On n'arrive pas dans un centre de formation comme dans une option artistique. L'objectif posé était d'abord de mobiliser : donner envie d'entrer dans une discipline — le slam, le rap — à des gens qui ne se seraient pas inscrits d'eux-mêmes à un atelier d'écriture.
Le second objectif en découle : reprendre la main sur la langue française. Pas sous l'angle de la faute, qui est exactement ce qui éloigne, mais sous celui du pouvoir — montrer ce qu'on peut faire avec des mots quand on cesse de les craindre, et que de grandes choses sont possibles avec un outil que tout le monde a déjà.
Deux jours, quatre blocs de trois heures
Le format concentré impose son rythme : pas de devoirs entre deux séances, pas de temps mort, et un groupe qui reste ensemble du matin au soir. Trois heures d'affilée permettent d'écrire, de reprendre et de dire dans la même séance, ce qu'une heure ne permet jamais.
Un rendu filmé
Le travail des deux jours a été filmé pour en faire un clip. Ce n'est pas un accessoire : savoir qu'il y aura une caméra change la manière dont on travaille sa voix, et le clip laisse une trace que le groupe peut montrer après coup — à sa famille, à son référent, à un employeur.
Le moment marquant
Un participant ne se sentait pas d'écrire. Pas intimidé : convaincu que c'était impossible, et sûr que ça allait l'ennuyer profondément. Plutôt que d'insister sur la feuille, je lui ai proposé de tout faire à l'oral.
En très peu de temps, il avait produit plus de matière que n'importe qui dans la salle. Et une fois cette matière existante, il est passé à la feuille de lui-même, dans la foulée — parce qu'il n'y avait plus rien à inventer devant une page blanche, seulement à noter ce qu'il venait de dire.
C'est l'une des choses les plus utiles à savoir sur ce métier : le blocage n'est presque jamais un manque d'idées. C'est le passage par l'écrit qui bloque, et il existe un chemin pour le contourner.
Ce que ce projet a permis d’explorer
Ce format court et dense convient aux organismes de formation qui veulent ouvrir une porte artistique sans mobiliser un trimestre. Si vous accompagnez un groupe de ce type, parlons du stage qui lui correspond.