Storytelling en entreprise : raconter pour convaincre, par un slameur
Les chiffres convainquent la tête, les histoires convainquent tout le reste. Le storytelling, c'est l'art de raconter pour faire passer un message, et il ne demande ni talent d'écrivain ni charisme particulier. Voici la méthode, empruntée à la scène, pour raconter en réunion, en présentation ou devant un client.
Auteur : Esope · Intervenant slam : Esope
Le storytelling, c'est utiliser une histoire pour faire passer un message. En entreprise, il sert partout : présenter un projet, embarquer une équipe, convaincre un client, accueillir un nouveau collaborateur. On retient une histoire bien plus facilement qu'une liste d'arguments, parce qu'elle fait voir et ressentir ce que les chiffres se contentent d'énoncer.
Sur scène, en slam, on n'a que quelques minutes pour emmener une salle. Les outils qu'on y apprend sont exactement ceux du storytelling : une structure, des images, une chute, et une voix pour porter le tout.
La structure d’une bonne histoire
Presque toutes les histoires qui marchent suivent le même chemin en trois temps.
- Une situation : un personnage, un lieu, un moment. « Il y a deux ans, notre service client recevait cent appels par jour… »
- Un problème ou un basculement : ce qui change, ce qui coince, ce qui oblige à agir.
- Une résolution et ce qu’on en retient : ce qui a été fait, et le message qu’on veut faire passer.
Le piège est de commencer par la morale. Une histoire qui annonce sa conclusion dès la première phrase ne garde personne. Laissez votre public arriver à la conclusion avec vous.
Faire voir plutôt qu’expliquer
« Le projet était difficile » informe. « Pendant trois semaines, l'équipe a mangé devant ses écrans » fait voir. C'est toute la différence entre une présentation qu'on écoute et une présentation qu'on retient. Cherchez le détail concret : une image, un geste, une phrase prononcée par quelqu'un. C'est lui qui donne vie à l'histoire, bien plus que les adjectifs.
Les outils empruntés à la scène
La répétition. Répéter une formule clé deux ou trois fois dans une intervention l'ancre dans les mémoires. C'est l'anaphore des poètes, et celle des grands discours.
Le contraste. Avant et après, le problème et la solution, ce qu'on croyait et ce qu'on a découvert. Le contraste rend un message évident.
Le silence. Une pause juste avant la phrase importante lui donne tout son poids. C'est l'outil le plus simple et le plus sous-utilisé de la prise de parole.
La chute. Terminez par une phrase courte, que votre public pourra répéter. C'est elle qu'on retiendra en sortant de la salle.
Le dire, pas seulement l’écrire
Une histoire bien écrite mais mal dite tombe à plat. Répétez-la à voix haute, debout, en vous chronométrant. Ralentissez plus que ce qui vous semble naturel, regardez votre auditoire, et laissez respirer les moments importants. Pour le trac qui accompagne souvent ces prises de parole, voyez gérer le trac avant de parler en public.
Former une équipe à raconter
Construire un propos, trouver ses images et les dire avec assurance, c'est le cœur de l'atelier éloquence, adapté aux équipes. Pour un travail centré sur l'oral en entreprise, lisez aussi l'atelier de prise de parole en entreprise, ou découvrez les formats pour les entreprises.