Un projet égalité filles-garçons qui ne soit pas une leçon de morale

Sur l'égalité filles-garçons, les élèves savent par cœur ce qu'il faut répondre. C'est précisément le problème : l'adhésion est verbale et le sujet ne bouge pas. Un atelier d'écriture inverse la charge de la parole — ce sont eux qui écrivent, eux qui disent, devant les autres. Voici comment ce projet se monte au collège.

Auteur : Esope · Intervenant slam : Esope

L'égalité filles-garçons est au programme, elle figure dans les projets d'établissement, et elle revient chaque année sous une forme ou une autre. Le problème n'est pas de la traiter, c'est de la traiter autrement qu'en affichant la bonne réponse. Une classe de 4e sait exactement ce qu'un adulte attend sur ce sujet — et le sait d'autant mieux qu'on le lui a déjà demandé.

L'atelier d'écriture déplace la position. On ne demande pas aux élèves ce qu'ils pensent de l'égalité : on leur demande d'écrire un texte, et de le dire devant les autres. Ce qui sort n'est pas un avis, c'est une expérience — et c'est beaucoup moins facile à réciter.

Le thème imposé, et comment éviter le texte convenu

Sur ce sujet, le thème est presque toujours imposé : c'est la condition pour que le projet s'inscrive dans une séquence et se finance. C'est jouable, à condition de ne pas donner le thème comme sujet de rédaction.

  • Partir d'une amorce, pas d'une question. « On m'a dit que… », « La première fois que… », « Je n'ai pas le droit de… ». L'amorce produit du concret ; la question « Que penses-tu de l'égalité filles-garçons ? » produit la leçon récitée.
  • Ne pas corriger le fond. Un texte maladroit, voire discutable, est un texte vrai. On le laisse écrire, on le laisse dire, et c'est l'écoute du groupe qui travaille — pas ma correction.
  • Ne pas séparer les groupes. Filles d'un côté, garçons de l'autre : l'idée revient souvent et elle produit deux monologues. Ce qui fait le projet, c'est que les uns entendent les textes des autres, dans la même salle.

Le format qui a fonctionné

Au collège de Lège-Cap-Ferret, le projet tenait en deux niveaux : deux classes de 4e ont écrit sur l'égalité filles-garçons, avec le thème imposé, et toutes les classes de 5e ont découvert le slam le temps d'une heure. La restitution s'est jouée sur scène, en pleine cour, lors de la fête du collège.

Ce montage à deux étages mérite d'être connu : il permet de toucher tout un niveau avec un petit volume d'heures, tout en gardant un groupe qui va au bout. Les 5e ont vu que ça existe, les 4e ont fait le projet — et la restitution publique donne au travail des seconds un public déjà conquis parmi les premiers.

Ce que la restitution change

Sur ce thème plus que sur d'autres, le moment du passage fait la différence entre une activité et un projet. Un texte écrit et rangé dans un classeur ne change rien. Le même texte dit à voix haute, dans la cour, devant les autres classes et parfois devant les familles, engage son auteur — et met le sujet dans l'espace commun de l'établissement au lieu de le laisser dans une salle.

C'est aussi ce qui rend le projet racontable : une restitution est un fait, un événement, quelque chose qui se photographie et se transmet au conseil pédagogique et aux partenaires du financement.

Combien ça coûte

60 à 90 € de l'heure d'animation, le plancher de 60 € correspondant au tarif de référence employé par les DRAC pour les interventions artistiques en milieu scolaire. L'effectif ne change rien ; le nombre de classes, si. Un montage comme celui de Lège-Cap-Ferret — deux classes en projet, un niveau entier en initiation — se chiffre en additionnant les heures de chaque groupe. L'animation de la restitution se compte à part, de 60 à 100 €.

Et concrètement ? Le tarif d'un atelier se situe entre 60 et 90 € de l'heure suivant la structure qui l'organise, et je me déplace partout en France. Pour connaître mes tarifs, c'est dans le simulateur de devis : il chiffre votre projet en quelques questions, et le devis officiel s'établit ensuite après un échange.

Faire venir un intervenant

Esope intervient depuis 2016 en collège, en lycée, en école, en structure jeunesse et en établissement médico-social. Champion de France de slam, agréé par l’Éducation nationale.

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