Citoyenneté, EMC, journée banalisée : une activité qui remplit la journée

Une journée banalisée sur la citoyenneté, une semaine de l'engagement, une séquence d'EMC à rendre vivante : le besoin est le même à chaque fois, trouver une activité qui tienne la durée, qui parle aux jeunes, et dont il reste quelque chose. L'atelier d'écriture et d'oralité coche les trois. Voici comment on le cale.

Auteur : Esope · Intervenant slam : Esope

Une journée banalisée est un format redoutable : six heures à remplir, un groupe qui n'a pas cours, et l'obligation que ça serve à quelque chose. Les interventions qui durent une heure laissent cinq heures à occuper ; celles qui durent six heures s'essoufflent à la troisième. L'écriture suivie d'un passage devant les autres tient la journée parce qu'elle alterne : on écrit, on dit, on écoute, et ça recommence.

Sur le fond, la citoyenneté est l'un des thèmes où ces ateliers sont le plus demandés — et l'un de ceux où le discours descendant marche le moins bien. Un projet où les participants écrivent leur propre texte sur ce qui les concerne, puis le disent devant les autres, obtient ce qu'aucun exposé n'obtient : ils prennent position eux-mêmes, et devant témoins.

Ce que le format apporte à une journée

  • Il tient six heures sans s'épuiser. L'alternance écriture / passage fait respirer le groupe. Ce n'est pas une conférence de six heures, c'est une succession de temps courts.
  • Il n'a besoin de rien. Une salle, des feuilles, des stylos. Pas de matériel, pas de salle informatique, pas de préparation du groupe en amont.
  • Il se termine par un événement. La fin de journée devient une restitution — devant les autres groupes, devant l'établissement, parfois devant les familles. La journée a une fin visible, ce qui est rarement le cas.
  • Il laisse une trace. Les textes existent après. Ils s'affichent, se publient dans le journal de l'établissement, se redisent lors d'un autre temps fort.

Les sujets qui fonctionnent

« La citoyenneté » comme consigne d'écriture ne produit rien : c'est un mot de programme, pas une amorce. Ce qui produit du texte, ce sont les angles concrets que le mot recouvre.

  • La place de chacun dans un groupe — ce qu'on y apporte, ce qu'on y subit.
  • Les discriminations vécues ou observées, à condition de ne jamais viser quelqu'un dans la salle.
  • L'engagement : ce pour quoi on se lèverait, ce qu'on défendrait.
  • Le quartier, la ville, le pays — ce qu'on en dit quand personne ne note.
  • L'avenir : le monde tel qu'on l'imagine, ou tel qu'on le craint.

Au CFA ECIR de Mallemort, le projet est né d'un appel à projet du CCCA-BTP sur la citoyenneté — santé, gestion du budget, inégalités, discriminations. Une quinzaine d'apprentis du bâtiment ont eu cinq jours pour écrire un rap, l'enregistrer en studio et en tourner le clip. Sur ce type de sujet, le rap ouvre une porte que le slam n'ouvre pas auprès d'un public d'adolescents et de jeunes adultes : on entre par ce qu'ils écoutent déjà, et le travail d'écriture est le même.

Caler la journée

Un déroulé qui fonctionne sur six heures, à ajuster selon le groupe :

  • Une démonstration pour ouvrir. Je passe en premier, debout, sans introduction. Un groupe qui n'a pas vu ne sait pas ce qu'on lui demande — et sur une journée banalisée, où personne n'a choisi d'être là, c'est la seule entrée qui fonctionne.
  • Le cadre, en dix minutes. On n'évalue pas, on ne corrige pas l'orthographe, on ne vise personne, on applaudit tout le monde pareil.
  • La matinée pour écrire, par consignes successives et courtes.
  • L'après-midi pour dire, et c'est le temps qu'on sous-estime toujours : à trente participants et deux minutes chacun, le seul tour de parole occupe une heure.
  • La dernière heure pour la restitution, devant un public qui n'était pas dans la salle.

Si plusieurs groupes tournent dans la journée, le format change : on passe à des ateliers de deux heures en rotation, chacun complet en lui-même, et la restitution réunit tout le monde à la fin. C'est un autre montage, et il se chiffre différemment — autant de groupes, autant d'heures.

Combien ça coûte

60 à 90 € de l'heure d'animation, le plancher de 60 € correspondant au tarif de référence employé par les DRAC pour les interventions artistiques en milieu scolaire. Une journée de six heures avec un groupe se calcule simplement ; plusieurs groupes en rotation multiplient les heures. L'animation de la restitution se compte à part, de 60 à 100 €, et les déplacements aussi. Si le projet va jusqu'à l'enregistrement, comptez 250 à 500 € pour un titre avec mixage, et à partir de 300 € pour un clip.

Et concrètement ? Le tarif d'un atelier se situe entre 60 et 90 € de l'heure suivant la structure qui l'organise, et je me déplace partout en France. Pour connaître mes tarifs, c'est dans le simulateur de devis : il chiffre votre projet en quelques questions, et le devis officiel s'établit ensuite après un échange.

Faire venir un intervenant

Esope intervient depuis 2016 en collège, en lycée, en école, en structure jeunesse et en établissement médico-social. Champion de France de slam, agréé par l’Éducation nationale.

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