Le lexique du slam

Les mots du slam viennent de trois endroits : la scène américaine, la poésie classique et le rap. Voici ceux qu'on entend vraiment, définis simplement, avec un exemple à chaque fois.

Auteur : Esope · Intervenant slam : Esope

Ce lexique du slam rassemble les termes qui servent réellement, en scène comme en atelier. Il est classé par usage plutôt que par ordre alphabétique : les mots de la scène, puis ceux de l'écriture, puis ceux de la voix.

Les mots de la scène

  • Scène ouverte — soirée où chacun peut s’inscrire et passer, sans sélection. Le format de base du slam.
  • Open mic — l’équivalent anglais, employé indifféremment. Littéralement « micro ouvert ».
  • Le calibrage — le premier passage d’une soirée notée, qui ne compte pas au classement. Il sert à caler les notes des jurés, souvent trop sévères au début de soirée.
  • Le tour — un passage de chaque inscrit. Une soirée notée compte généralement deux tours.
  • Le jury tiré au sort — cinq personnes prises dans le public en début de soirée. Elles notent sur 10 ; on retire la meilleure et la pire note.
  • La restitution — la scène qui clôt un atelier. Mêmes règles qu’une scène ouverte, sans notation.

Les mots de l’écriture

  • Anaphore — répétition du même début de ligne. « Je viens d’un endroit où… » répété huit fois. C’est la figure la plus rentable du slam : elle crée du rythme sans qu’on ait à l’expliquer.
  • Rime intérieure — rime placée au milieu de la ligne plutôt qu’à la fin. Elle donne de la musique sans installer le carcan du poème à rimes plates.
  • Allitération — retour d’une même consonne. « Le béton berce les bruits du bus. » On l’entend sans savoir la nommer.
  • Assonance — la même chose avec une voyelle. « La ville qui brille et qui grince. »
  • Punchline — ligne conçue pour frapper, isolée, qui provoque une réaction immédiate. Terme venu du rap, entièrement acclimaté en slam et en battle.
  • La chute — la dernière ligne. Elle décide de l’effet du texte entier. Trois formes efficaces : le retour à la première ligne, le retournement, la coupe sèche.
  • Le fil rouge — l’image ou l’objet qui revient d’un bout à l’autre et tient le texte ensemble.

Les mots de la voix

  • Le flow — la façon dont la voix occupe le temps : débit, accents, respirations. En rap, il se cale sur la mesure ; en slam, il est libre, donc entièrement à construire.
  • Le placement — l’endroit exact où tombe un mot. Un mot déplacé d’une demi-seconde change l’effet d’une ligne entière.
  • Le silence — l’outil le plus puissant et le moins utilisé. Là où un débutant accélère, un slameur s’arrête.
  • La montée — la progression d’intensité sur plusieurs lignes, souvent portée par une énumération ou une anaphore.
  • La diction — l’articulation. Premier poste de travail avant une scène : un texte parfait mal articulé ne passe pas au-delà du troisième rang.

Les mots du battle de compliments

  • Battle de compliments — joute verbale où deux personnes s’affrontent à coups de compliments, en reprenant les codes du battle de rap. Voir la page qui lui est consacrée.
  • Le round — une prise de parole d’un des deux adversaires. Un battle en compte généralement deux ou trois par personne.
  • L’adresse — le fait de parler directement à son adversaire, les yeux dans les yeux. C’est ce qui fait la force du format.
  • Le flip — reprendre un élément du texte de son adversaire pour improviser sa réponse. Le sommet de l’exercice : il ne s’écrit pas à l’avance, il s’attrape.

Faire venir un intervenant

Esope intervient depuis 2016 en collège, en lycée, en école, en structure jeunesse et en établissement médico-social. Champion de France de slam, agréé par l’Éducation nationale.

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