Intégrer de nouveaux collaborateurs : le battle de compliments

Un tour de table, un jeu de présentation, un déjeuner : l'intégration de nouveaux arrivants repose presque toujours sur les mêmes rituels, et ils s'épuisent en vingt minutes. Ce qui manque, c'est un dispositif qui oblige à s'intéresser à l'autre — et qui en donne l'excuse.

Auteur : Esope · Intervenant slam : Esope

Un groupe neuf a un problème précis : personne n'a de raison légitime de poser des questions personnelles. On se croise, on échange sur le travail, et il faut des mois pour que les informations qui font une équipe — ce que les gens aiment, ce qu'ils font en dehors, ce dont ils sont fiers — circulent par hasard.

Les rituels d'intégration tentent d'accélérer ça. Le tour de table, le « deux vérités un mensonge », le photolangage. Ils fonctionnent quelques minutes, puis le groupe retourne à sa réserve, parce qu'aucun de ces jeux ne donne une raison de continuer à creuser.

Pourquoi les brise-glace retombent

  • L'information reste superficielle. On apprend un prénom, un service, un fait amusant. Rien qu'on n'aurait pas appris en trois jours.
  • Celui qui parle est celui qui parle déjà. Les formats de présentation libre avantagent les extravertis et exposent les autres.
  • Ça s'arrête quand le jeu s'arrête. Il n'y a pas de suite : rien n'oblige à utiliser ce qu'on vient d'apprendre.
  • On parle de soi. C'est le point aveugle. Se présenter devant des inconnus est un exercice désagréable pour une bonne moitié des gens, et il produit des versions lissées.

Le renversement qui change tout

L'inverse fonctionne beaucoup mieux : faire parler chacun de quelqu'un d'autre. C'est plus facile à faire — on est moins gêné de complimenter que de se décrire — et c'est beaucoup plus agréable à recevoir.

C'est le principe du battle de compliments : deux personnes s'affrontent au micro, en rimes, chacune parlant de l'autre. Et il porte en lui le mécanisme qui manque aux brise-glace : pour complimenter quelqu'un avec précision, il faut d'abord aller lui parler. Un compliment vague ne fait rire personne. Le format fournit donc l'excuse d'un vrai temps d'échange — et personne ne le vit comme une obligation, puisqu'il sert à préparer le round.

J'ai mené exactement ce cas de figure chez Citizschool, à Bordeaux, avec treize jeunes adultes en service civique : un collectif constitué depuis deux jours, et la commande était la cohésion. Trois heures. Le temps d'échange entre adversaires y a porté toute la séance — c'est lui qu'il ne faut jamais sacrifier pour gagner dix minutes d'écriture.

Quand le placer dans un parcours d’intégration

  • Dans les premiers jours, quand le groupe vient de se former : c'est le moment où le format donne le plus, parce qu'il n'y a encore rien à déconstruire.
  • À l'arrivée d'une promotion — alternants, stagiaires, service civique, nouvelle équipe projet. Le format est fait pour les collectifs qui démarrent ensemble.
  • Après une fusion ou une réorganisation, quand deux équipes doivent se mélanger. Les rounds croisés entre les deux côtés font en trois heures ce que six mois de couloirs ne font pas.

À éviter : le jour même de l'arrivée, avant que les gens aient eu le temps de se croiser. Il faut un minimum de matière pour que les compliments soient précis — deux ou trois jours suffisent largement.

Organiser une séance d’intégration

Le détail de l'offre est sur la page battle de compliments en entreprise. Le tarif dépend de la structure qui organise, du format et de la durée. Pour connaître mes tarifs, c'est dans le simulateur de devis : il chiffre votre projet en quelques questions, et le devis officiel s'établit après un échange. Je me déplace partout en France.

Je propose aussi des ateliers slam, des ateliers rap et des ateliers d'éloquence, qui servent d'autres objectifs. Pour faire se connaître un groupe neuf, le battle de compliments est le plus direct.

Faire venir un intervenant

Esope intervient depuis 2016 en collège, en lycée, en école, en structure jeunesse et en établissement médico-social. Champion de France de slam, agréé par l’Éducation nationale.

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