Un battle de compliments à l’institut Élisabeth-Yon, à Libourne

Un petit groupe qui se connaît déjà, trois heures, et un intervenant qui arrive de l'extérieur. Avant d'écrire la moindre punchline, il fallait que la confiance s'installe entre eux et moi. Elle s'est installée, et l'une des phrases écrites ce jour-là me reste encore en tête.

Auteur : Esope · Intervenants slam : Esope

Illustration au trait d’une main qui écrit au stylo dans un cahier
Avant les punchlines, la confiance.

Trois heures de battle de compliments à l'institut Élisabeth-Yon, à Libourne, avec un petit groupe de résidents. Un groupe qui se connaissait déjà bien. Le seul inconnu dans la salle, c'était moi.

Le contexte : créer la confiance avec un groupe déjà soudé

Quand un groupe ne se connaît pas, le premier travail est de le souder. Ici, c'était l'inverse : le groupe existait, avec ses habitudes et ses complicités. L'enjeu était de créer un climat de confiance entre lui et moi, et d'installer une atmosphère bienveillante, propice à la création. On ne livre rien de soi, et on n'ose pas écrire, devant quelqu'un dont on ne sait pas encore s'il va juger.

Le début de l'atelier a donc servi à ça : se présenter, plaisanter, montrer que l'erreur était bienvenue et que personne ne serait mis en difficulté. Quand le rire circule dans les deux sens, l'écriture peut commencer.

Les tableaux : trouver une punchline sans page blanche

Pour écrire, j'utilise des tableaux que je transmets au groupe. Le principe : on ne cherche pas une phrase entière d'un coup, on remplit des colonnes. Dans la première, une qualité de la personne à complimenter. Dans la deuxième, une image, un objet, un personnage connu qui l'évoque. Dans la troisième, un mot pour relier les deux et faire tomber la chute. La phrase sort du tableau presque toute seule, et la page blanche n'existe plus.

Illustration au trait d’un carnet où sont écrits : observer, écouter, écrire, oser, partager

Les règles, puis les premiers battles

Les règles se donnent vite : deux adversaires face à face, chacun à son tour, et un seul interdit, rabaisser l'autre. Tout le reste est permis : exagérer, comparer, surprendre, faire rire. Le public encourage, réagit à chaque formule, et personne ne perd.

Les battles ont commencé rapidement. On y a entendu de tout : des comparaisons tendres, des hyperboles assumées, des clins d'œil aux habitudes de chacun que seul le groupe pouvait comprendre, et des éloges si énormes qu'ils faisaient rire jusqu'à celui qui les recevait.

Le moment marquant

Un résident a lancé, face à son adversaire, ces deux lignes :

« Arrête de dire que t’as des défauts, j’ai envie de te mordre, T’es tellement beau que Picasso t’aurait dessiné dans le bon ordre. »

La salle a explosé. Cette ligne me reste encore en tête.

Illustration au trait d’un micro sur pied sous des projecteurs
Une image, une comparaison, une chute : la punchline se construit.

Ce que ce projet a permis d’explorer

Le battle de compliments s'adapte à tous les publics, à condition de prendre le temps d'installer la confiance. Pour un établissement de santé ou du médico-social, découvrez les interventions en santé et social et le battle de compliments.

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