Un atelier slam pour les 3e du collège privé Fénelon, à Béziers

Le collège privé Fénelon, à Béziers, a choisi l'atelier slam pour clore sa semaine du Printemps des poètes avec ses classes de 3e. Un profil d'établissement assez rare parmi mes interventions : les collèges privés me contactent peu souvent.

Auteur : Esope · Intervenants slam : Esope

Une bouche grande ouverte tout près d’un microphone, entourée d’éclats jaunes
Le slam fait le pont entre l’écriture et la prise de parole — exactement ce que visait cette demi-journée.

Le collège Fénelon, à Béziers, a invité un slammeur professionnel pour clore sa semaine du Printemps des poètes avec ses classes de 3e. Quatre heures d'atelier, en demi-journée, pour jouer avec les rimes avant d'écrire et de partager son propre texte.

Le contexte : une semaine de poésie, et un profil d’établissement rare

La semaine du Printemps des poètes s'ajoutait à une séquence sur la poésie déjà engagée en cours de français : le collège cherchait un point d'orgue qui sorte du cadre habituel de la salle de classe. Le slam a permis de créer un espace d'expression libre où les élèves de 3e ont pu mettre des mots sur leurs émotions, leurs histoires personnelles et leurs sentiments — un exercice différent de la dissertation ou du commentaire de texte.

Un détail qui compte pour moi : c'est plus rare qu'un établissement privé fasse appel à ce type d'atelier. La grande majorité de mes interventions viennent d'établissements publics, de structures jeunesse ou de dispositifs académiques ; voir un collège privé s'emparer du sujet, avec la même exigence, change un peu la donne.

Un carnet d’atelier slam ouvert, portant les mots écrire, ressentir, oser, partager
Jouer, écrire, oser, partager : la progression tenait en quatre heures plutôt qu’en plusieurs séances.

Le déroulement de la demi-journée

Les quatre heures ont suivi une progression que je retrouve sur la plupart de mes ateliers slam, condensée ici sur une seule séance. Les élèves ont d'abord joué avec les rimes et les allitérations à l'oral, sans feuille ni stylo — une manière d'entendre sa propre voix dans la salle avant d'écrire quoi que ce soit. Accompagnés pas à pas, ils sont ensuite passés à l'écriture de leur propre texte, avant de le partager devant le reste de la classe.

Les techniques travaillées

Le travail a porté sur les mêmes fondamentaux que sur un format plus long — rimes, allitérations, image personnelle — mais concentré sur une seule demi-journée, ce qui suppose d'aller vite sur chaque étape sans jamais la sauter. La bascule de l'oral collectif vers l'écriture individuelle, puis vers la prise de parole devant la classe, reste le fil conducteur de tout atelier slam, quel que soit le volume horaire.

Ce que les élèves ont travaillé

Cette demi-journée a permis de travailler le rapport à l'écriture — beaucoup d'élèves de 3e n'associent plus l'écriture qu'à l'exercice noté — et la gestion de la prise de parole en public, dans un cadre où l'hésitation ne compte pas contre eux. Exprimer une émotion ou une histoire personnelle devant la classe, pour la première fois pour certains, demande un courage que l'exercice scolaire classique ne sollicite pas de la même façon.

Des élèves lèvent la main dans une salle de classe, pleins d’énergie

Le moment marquant

Les professeurs qui encadraient la séquence ont résumé la demi-journée en une phrase, une fois les textes partagés : « l'émotion était au rendez-vous ». C'est exactement ce que je recherche avec ce format condensé — que le peu de temps disponible n'empêche pas les élèves d'aller au bout de quelque chose de sincère.

Ce que ce projet a permis d’explorer

Cette demi-journée a confirmé qu'un format court, bien calé sur un temps fort de l'établissement comme le Printemps des poètes, peut suffire à faire vivre un vrai moment d'écriture et de prise de parole. Si votre établissement — public ou privé — prépare une semaine à thème ou cherche un format ponctuel, parlons du format qui conviendrait.

Vous souhaitez imaginer un projet similaire ?

Esope conçoit des ateliers de slam, d'écriture, de poésie, de rap et d'éloquence adaptés aux publics, aux objectifs et au contexte de chaque structure.

Les autres projets

Le parcours

Esope

Depuis l'adolescence, j'ai voulu construire des projets en lien avec le slam et le rap. Je ne savais pas quoi ni comment, mais je voulais faire des choses. Faire des choses non seulement pour alimenter et partager ma passion, mais également pour grandir et vivre avec elle.

Au cours de mon parcours, j'ai saisi toutes les opportunités qui s'offraient à moi. J'ai écumé les scènes slam, enregistré des chansons de rap, publié un recueil, organisé des visites en poésie de lieux culturels et même défendu ma verve au Rap Contenders.

Aujourd'hui, je trouve beaucoup de plaisir à faire des conférences, des ateliers slam ou des formations d'éloquence. J'essaye toujours de partager ce que je sais en étant le plus créatif et pertinent possible. À travers l'enseignement, j'ai aussi trouvé une façon de continuellement apprendre.

Transmettre est un mot qui pourrait définir la vision de mon métier. Via des ateliers slam ou des performances artistiques, c'est exactement ça que je fais : transmettre.

Prix et distinctions

Générer de l'ambition

Très souvent, mes ateliers se déroulent dans une classe qui n'a jamais pratiqué l'écriture poétique. Pour beaucoup, réussir à écrire un texte de slam n'est même pas envisageable. L'ambition est une construction sociale, elle est liée à notre culture. La bonne nouvelle, c'est que si c'est culturel, c'est quelque chose qu'on peut apprendre, former et construire.

Esope sur scène, souriant, le bras tendu vers le public
Sur scène. C'est de là que vient tout ce que je transmets en atelier.