Un renfort de trois heures avant un concours d’éloquence, à Lunel

À l'espace Castel de Lunel, je suis intervenu en renfort, trois heures seulement, juste avant qu'un groupe de 12-17 ans ne présente son concours d'éloquence. Les textes étaient déjà écrits ; restait à les rendre plus percutants.

Auteur : Esope · Intervenants slam : Esope

Une bouche grande ouverte tout près d’un microphone, entourée d’éclats jaunes
Trois heures pour que chaque texte gagne en impact avant le passage réel.

L'espace Castel, à Lunel, m'a sollicité en renfort, pour trois heures seulement, dans le cadre d'un concours d'éloquence qui approchait. Le groupe, des jeunes de 12 à 17 ans, avait déjà croisé plusieurs intervenants au fil du temps ; j'étais, je crois, le dernier sur leur agenda.

Le contexte : intervenir en bout de chaîne

Un renfort de trois heures, positionné juste avant l'échéance, n'a rien à voir avec un atelier d'éloquence mené depuis le début. Les textes existaient déjà, construits autour de l'une des deux thématiques imposées par le concours — l'égalité femmes-hommes ou l'égalité des chances. Mon rôle n'était pas d'accompagner l'écriture, mais de resserrer ce qui existait : rendre chaque texte plus punchy, plus impactant, dans le temps qu'il restait avant le passage réel.

Le déroulement de la séance

Le format a suivi les exercices d'éloquence classiques — placement de voix, regard, gestion du silence, structuration du propos — mais appliqués individuellement à des textes déjà écrits plutôt qu'à une écriture de zéro. Chaque participant est passé un par un, et j'ai pris le parti d'un fonctionnement collectif : un conseil donné à quelqu'un devenait une consigne pour tout le groupe, à charge pour chacun de vérifier si elle s'appliquait aussi à son propre texte.

Les techniques travaillées

Le travail a porté sur l'impact du texte plus que sur sa construction : couper une phrase qui alourdit, remplacer un mot faible par un mot fort, marquer une rupture avant la chute. Sur le plan de l'oralité, les mêmes fondamentaux qu'en éloquence classique — respiration, regard, appuis — mais concentrés sur les points faibles précis de chaque passage, puisque le temps ne permettait pas de tout reprendre.

Un carnet ouvert sur lequel est écrit : un mot, une idée, un déclic

Ce que les participants ont travaillé

La séance a permis de travailler la capacité à recevoir une correction et à l'appliquer dans l'instant, juste avant une échéance réelle — un exercice différent de la préparation longue, plus proche de la répétition générale. Chacun a aussi été amené à écouter les conseils donnés aux autres et à se demander si son propre texte souffrait du même défaut, ce qui a resserré le travail collectif malgré des passages individuels.

Un profil pensif, de dos, dans une posture de concentration avant de passer

Le moment marquant

Voir un groupe qui avait déjà travaillé avec plusieurs intervenants rester concentré sur une consigne transversale — appliquer à son propre texte ce qui venait d'être dit à quelqu'un d'autre — a confirmé qu'un renfort court, bien ciblé, peut encore faire progresser un texte que d'autres ont déjà accompagné.

Ce que cette séance a permis d’explorer

Trois heures, en bout de parcours, peuvent encore transformer un texte déjà écrit si elles ciblent juste. Si votre structure prépare un concours ou une échéance d'éloquence et cherche un renfort ponctuel avant le jour J, parlons du format qui conviendrait.

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Esope conçoit des ateliers de slam, d'écriture, de poésie, de rap et d'éloquence adaptés aux publics, aux objectifs et au contexte de chaque structure.

Les autres projets

Le parcours

Esope

Depuis l'adolescence, j'ai voulu construire des projets en lien avec le slam et le rap. Je ne savais pas quoi ni comment, mais je voulais faire des choses. Faire des choses non seulement pour alimenter et partager ma passion, mais également pour grandir et vivre avec elle.

Au cours de mon parcours, j'ai saisi toutes les opportunités qui s'offraient à moi. J'ai écumé les scènes slam, enregistré des chansons de rap, publié un recueil, organisé des visites en poésie de lieux culturels et même défendu ma verve au Rap Contenders.

Aujourd'hui, je trouve beaucoup de plaisir à faire des conférences, des ateliers slam ou des formations d'éloquence. J'essaye toujours de partager ce que je sais en étant le plus créatif et pertinent possible. À travers l'enseignement, j'ai aussi trouvé une façon de continuellement apprendre.

Transmettre est un mot qui pourrait définir la vision de mon métier. Via des ateliers slam ou des performances artistiques, c'est exactement ça que je fais : transmettre.

Prix et distinctions

Générer de l'ambition

Très souvent, mes ateliers se déroulent dans une classe qui n'a jamais pratiqué l'écriture poétique. Pour beaucoup, réussir à écrire un texte de slam n'est même pas envisageable. L'ambition est une construction sociale, elle est liée à notre culture. La bonne nouvelle, c'est que si c'est culturel, c'est quelque chose qu'on peut apprendre, former et construire.

Esope sur scène, souriant, le bras tendu vers le public
Sur scène. C'est de là que vient tout ce que je transmets en atelier.