Un battle de compliments entre deux lycées, à Angoulême
Le lycée Jean-Rostand et le lycée professionnel Jean-Albert-Grégoire, à Angoulême, ont mené le même projet de battle de compliments. Vingt heures d'atelier, quatre déplacements, et une restitution en amphithéâtre devant le rectorat.
Auteur : Esope · Intervenants slam : Esope
Le lycée Jean-Rostand et le lycée professionnel Jean-Albert-Grégoire, tous deux à Angoulême, ont construit ensemble un projet de battle de compliments sur vingt heures. Quatre déplacements, une restitution en amphithéâtre devant le rectorat, et deux battles professionnels donnés en live grâce au financement obtenu par les établissements.
Le contexte : deux établissements, un même projet
Vingt heures, c'est un volume qui change la nature du travail : on ne se contente plus de découvrir le format, on va au bout de l'écriture. Le financement obtenu par les deux lycées a permis d'inviter deux artistes professionnels du battle de compliments à se produire en live lors de la restitution — un luxe que je ne peux pas proposer sur des formats plus courts, et qui a changé la portée de l'événement.
Le déroulement du projet
Quatre déplacements ont suffi à couvrir les vingt heures, ce qui a demandé de concentrer chaque venue sur un objectif précis plutôt que d'éparpiller le travail. Le fil conducteur a été l'amplification : partir d'une qualité simple chez l'autre et la faire grossir jusqu'à l'image qui frappe. Comparaisons et métaphores ont occupé une grande partie du temps, avec des techniques d'écriture que j'ai développées au fil des années et qui me sont propres.
Les élèves des deux lycées ont particulièrement embarqué sur le travail des rimes. Il y avait, de leur côté, une vraie volonté de ne pas se contenter de rimes pauvres : on a donc poussé plus loin que d'habitude sur les rimes riches, ce qui a demandé plus de réécriture mais a nettement élevé le niveau des textes.
Les techniques travaillées
L'amplification, la comparaison et la métaphore ont structuré l'essentiel du travail d'écriture, complétées par une exigence de rimes plus poussée que sur un format plus court. Sur vingt heures, il devient possible de revenir plusieurs fois sur un même texte pour le pousser plus loin, ce qui n'est pas toujours réalisable sur la moitié du volume.
Ce que les lycéens ont travaillé
Le projet a permis de travailler l'écriture en profondeur — construction d'une image, exigence sur la rime — mais aussi la prise de parole devant un public nombreux et une autorité extérieure à l'établissement. Voir des professionnels du battle de compliments se produire juste avant ou après leur propre passage a aussi donné aux lycéens une mesure concrète de ce vers quoi l'exercice peut mener.
Le moment marquant
La restitution s'est tenue dans l'amphithéâtre du lycée Jean-Rostand, une salle qui s'est retrouvée noire de monde. Le rectorat était présent, ce qui a donné à l'événement un poids institutionnel rare pour ce genre de projet. Voir deux battles de compliments professionnels se dérouler en live, financés par le projet lui-même, a offert aux lycéens une référence directe : ce qu'ils venaient de faire, dans une version plus aboutie encore.
Ce que ce projet a permis d’explorer
Vingt heures, quatre déplacements, deux établissements et une restitution renforcée par la présence de professionnels : ce projet montre ce qu'un battle de compliments peut devenir quand le temps et les moyens suivent. Si votre lycée envisage un projet de cette ampleur, seul ou avec un établissement voisin, construisons-le ensemble.