Une semaine de battle de compliments dans un collège de Beaucaire

En une semaine, deux classes d'un collège de Beaucaire ont vécu un format immersif de battle de compliments — environ douze heures au total — jusqu'à une restitution dans le hall, sous les acclamations de centaines d'élèves.

Auteur : Esope · Intervenants slam : Esope

Un intervenant s’adresse à une classe de collège devant le tableau
Douze heures en une semaine : un format resserré qui a porté sa propre énergie.

Un collège de Beaucaire, dans le Gard, m'a confié une semaine de battle de compliments avec deux classes : environ douze heures d'atelier concentrées sur cinq jours, jusqu'à une restitution dans le hall du collège qui a rassemblé des centaines d'élèves.

Le contexte : un format resserré dans le temps

Répartir douze heures sur une semaine plutôt que sur plusieurs mois change complètement la dynamique d'un projet. Les élèves n'ont pas le temps d'oublier une séance avant la suivante, l'écriture reste en tête en dehors de l'atelier, et l'ensemble du collège finit par être au courant du projet avant même la restitution — l'effet d'annonce joue à plein.

Le déroulement de la semaine

Le battle de compliments se prête bien à ce format immersif : chaque séance nourrit directement la suivante, sans le temps mort qu'impose un rythme hebdomadaire habituel. Les deux classes ont travaillé en parallèle une bonne partie de la semaine, avant un dernier temps commun consacré aux répétitions et à la mise en place de la restitution dans le hall — un lieu de passage que tout le collège traverse plusieurs fois par jour, donc un choix loin d'être neutre pour l'ampleur de l'événement.

Les techniques travaillées

Le travail suit la progression habituelle du battle de compliments — observation, comparaison, rythme de la punchline — mais la concentration sur une semaine a permis d'aller plus vite sur chaque étape, les élèves gardant en mémoire fraîche ce qui avait été vu la veille. C'est un format qui demande de l'énergie, pour eux comme pour moi, mais qui produit des textes très aboutis en peu de temps.

Ce que les élèves ont travaillé

Ce format immersif permet de travailler l'écriture et la prise de parole dans une continuité que les emplois du temps scolaires classiques ne permettent pas. Les élèves ont aussi été amenés à gérer une forme de pression inhabituelle : savoir qu'ils allaient se produire devant tout le collège quelques jours seulement après avoir commencé à écrire.

Des élèves lèvent la main dans une salle de classe, pleins d’énergie

Le moment marquant

La restitution dans le hall a rassemblé des centaines d'élèves venus acclamer les punchlines, dans une énergie que je qualifierais sans exagérer de folle. Un format aussi resserré dans le temps aurait pu jouer contre l'ampleur de l'événement ; il l'a au contraire renforcée, comme si toute la semaine avait construit une attente collective jusqu'à ce moment précis.

Ce que ce projet a permis d’explorer

Cette semaine a montré qu'un format intensif de battle de compliments peut produire une énergie collective qui dépasse largement les deux classes concernées. Si votre établissement cherche à marquer un temps fort sur une semaine plutôt que sur un trimestre, on peut construire ce format ensemble.

Vous souhaitez imaginer un projet similaire ?

Esope conçoit des ateliers de slam, d'écriture, de poésie, de rap et d'éloquence adaptés aux publics, aux objectifs et au contexte de chaque structure.

Les autres projets

Le parcours

Esope

Depuis l'adolescence, j'ai voulu construire des projets en lien avec le slam et le rap. Je ne savais pas quoi ni comment, mais je voulais faire des choses. Faire des choses non seulement pour alimenter et partager ma passion, mais également pour grandir et vivre avec elle.

Au cours de mon parcours, j'ai saisi toutes les opportunités qui s'offraient à moi. J'ai écumé les scènes slam, enregistré des chansons de rap, publié un recueil, organisé des visites en poésie de lieux culturels et même défendu ma verve au Rap Contenders.

Aujourd'hui, je trouve beaucoup de plaisir à faire des conférences, des ateliers slam ou des formations d'éloquence. J'essaye toujours de partager ce que je sais en étant le plus créatif et pertinent possible. À travers l'enseignement, j'ai aussi trouvé une façon de continuellement apprendre.

Transmettre est un mot qui pourrait définir la vision de mon métier. Via des ateliers slam ou des performances artistiques, c'est exactement ça que je fais : transmettre.

Prix et distinctions

Générer de l'ambition

Très souvent, mes ateliers se déroulent dans une classe qui n'a jamais pratiqué l'écriture poétique. Pour beaucoup, réussir à écrire un texte de slam n'est même pas envisageable. L'ambition est une construction sociale, elle est liée à notre culture. La bonne nouvelle, c'est que si c'est culturel, c'est quelque chose qu'on peut apprendre, former et construire.

Le manifeste

Créer un espace bienveillant qui permet aux jeunes de s'exprimer en toute liberté.

  1. Atelier non conventionnel Bien que la forme soit scolaire, mon attitude est celle d'un intervenant extérieur.
  2. Pratiquer pour comprendre L'élève devient auteur et orateur, mais aussi spectateur attentif des autres créations.
  3. Plus aucune hiérarchie Les cartes sont redistribuées pour que la pression scolaire ne freine pas l'écriture.
  4. Célébrer le courage Pas d'applaudissements, pas d'art. L'élève doit être conscient de la mission accomplie.