Battle de compliments et slam en demi-groupe au collège de Parentis-en-Born

Au collège de Parentis-en-Born, les 5e écrivent un battle de compliments et les 4e un texte slam. Une restitution en demi-groupe au CDI, et une intervention reconduite chaque année depuis quatre ans.

Auteur : Esope · Intervenants slam : Esope

Un intervenant slam sur scène sous un projecteur jaune, face à un public de collégiens
Une intervention reconduite chaque année : le collège de Parentis-en-Born en est à sa quatrième édition.

Depuis quatre ans, je retourne chaque année au collège de Parentis-en-Born, dans les Landes, pour mener des ateliers slam et battle de compliments avec deux niveaux à la fois. Les 5e travaillent le battle de compliments, les 4e le slam, et les deux groupes se retrouvent en fin de parcours pour une restitution au CDI — chacun dans son demi-groupe.

Le contexte : deux niveaux, deux formats, une même énergie

Le collège avait un besoin précis : proposer une activité d'écriture et d'oralité à deux niveaux simultanément, sans que l'un empiète sur le temps de l'autre. La réponse a été de séparer les formats : le battle de compliments pour les 5e, qui répond bien à un premier contact avec la prise de parole, et le slam pour les 4e, qui permet d'aller plus loin dans l'écriture personnelle. Revenir chaque année m'a aussi permis d'ajuster le dispositif au fil du temps — je connais désormais le CDI, les habitudes de l'équipe, et ce qui fonctionne le mieux avec chaque niveau.

Un groupe d’élèves assis en cercle avec leur intervenant pendant un atelier d’écriture

Le déroulement en demi-groupe

Travailler en demi-groupe change beaucoup de choses. Avec la moitié d'une classe, chaque élève a plus de temps de parole, plus de retours individuels, et une restitution qui reste à taille humaine. Le CDI, avec ses rayonnages et son calme habituel, devient un lieu de scène inattendu — plus intime qu'un gymnase ou un amphithéâtre, ce qui convient bien à des formats qui reposent sur l'écoute autant que sur la performance.

  • 5e — battle de compliments. On part d'un tour d'observation entre élèves, puis d'un travail de comparaison et de rythme, avant la confrontation en duos.
  • 4e — slam. Le texte se construit sur plusieurs séances, avec un temps de réécriture avant la mise en voix.
  • La restitution. Chaque demi-groupe présente devant l'autre moitié de sa classe et quelques adultes du collège — un format resserré, jamais un grand raout.

Les techniques travaillées

Le battle de compliments retravaille l'observation, la comparaison et le rythme de la punchline. Le slam, avec plus de temps devant lui, permet d'aller vers la construction d'un texte entier, des images plus élaborées et la respiration. Revenir chaque année sur les deux dispositifs m'a permis de les affiner l'un par rapport à l'autre : je sais désormais quels exercices du battle préparent bien le terrain pour le slam l'année suivante, quand les 5e passent en 4e.

Ce que les élèves ont travaillé

Ce format permet de travailler la prise de parole en petit comité, la capacité à recevoir un retour du groupe, et pour les 4e, une écriture plus construite. Les demi-groupes ont aussi été amenés à s'écouter davantage : quand la salle est plus petite, chaque intervention pèse plus, et les élèves s'en rendent compte vite.

Le moment marquant

Chaque année, il y a un moment où d'anciens élèves — devenus 4e après être passés par le battle en 5e — retrouvent les plus jeunes au CDI et leur donnent, sans que je le demande, des conseils sur la meilleure façon de tenir le micro. Cette transmission d'un niveau à l'autre, je ne l'avais pas prévue au départ ; elle s'est installée d'elle-même, au fil des quatre années.

Un microphone éclairé de jaune, prêt pour une prise de parole
Au CDI, chaque demi-groupe a son tour de micro — et son propre public.

Ce que ce projet a permis d’explorer

Quatre ans d'ateliers au même collège, ce n'est pas une routine : c'est un dispositif qui s'affine chaque année, entre les 5e qui découvrent le battle de compliments et les 4e qui approfondissent le slam. Si votre établissement a plusieurs niveaux à occuper avec des formats différents, on peut construire un dispositif sur mesure, comme celui-ci.

Vous souhaitez imaginer un projet similaire ?

Esope conçoit des ateliers de slam, d'écriture, de poésie, de rap et d'éloquence adaptés aux publics, aux objectifs et au contexte de chaque structure.

Les autres projets

Le parcours

Esope

Depuis l'adolescence, j'ai voulu construire des projets en lien avec le slam et le rap. Je ne savais pas quoi ni comment, mais je voulais faire des choses. Faire des choses non seulement pour alimenter et partager ma passion, mais également pour grandir et vivre avec elle.

Au cours de mon parcours, j'ai saisi toutes les opportunités qui s'offraient à moi. J'ai écumé les scènes slam, enregistré des chansons de rap, publié un recueil, organisé des visites en poésie de lieux culturels et même défendu ma verve au Rap Contenders.

Aujourd'hui, je trouve beaucoup de plaisir à faire des conférences, des ateliers slam ou des formations d'éloquence. J'essaye toujours de partager ce que je sais en étant le plus créatif et pertinent possible. À travers l'enseignement, j'ai aussi trouvé une façon de continuellement apprendre.

Transmettre est un mot qui pourrait définir la vision de mon métier. Via des ateliers slam ou des performances artistiques, c'est exactement ça que je fais : transmettre.

Prix et distinctions

Générer de l'ambition

Très souvent, mes ateliers se déroulent dans une classe qui n'a jamais pratiqué l'écriture poétique. Pour beaucoup, réussir à écrire un texte de slam n'est même pas envisageable. L'ambition est une construction sociale, elle est liée à notre culture. La bonne nouvelle, c'est que si c'est culturel, c'est quelque chose qu'on peut apprendre, former et construire.

Le manifeste

Créer un espace bienveillant qui permet aux jeunes de s'exprimer en toute liberté.

  1. Atelier non conventionnel Bien que la forme soit scolaire, mon attitude est celle d'un intervenant extérieur.
  2. Pratiquer pour comprendre L'élève devient auteur et orateur, mais aussi spectateur attentif des autres créations.
  3. Plus aucune hiérarchie Les cartes sont redistribuées pour que la pression scolaire ne freine pas l'écriture.
  4. Célébrer le courage Pas d'applaudissements, pas d'art. L'élève doit être conscient de la mission accomplie.