Un atelier slam intégré au cours de musique, au collège Brantôme

Au collège Brantôme, l'atelier slam a pris place directement dans le cours de musique. Quatre heures d'écriture, quatre heures d'oralité, et une scène finale dans la salle, sans thème imposé.

Auteur : Esope · Intervenants slam : Esope

Un intervenant en casquette anime un atelier slam devant une classe de collège
Le slam pris en charge par le cours de musique : une autre porte d’entrée que le français.

Le collège Brantôme a choisi d'intégrer l'atelier slam directement au cours de musique, avec des classes de 5e. Pas de thème imposé : huit heures au total, réparties en quatre heures d'écriture et quatre heures d'oralité, jusqu'à une scène slam finale organisée dans la salle de classe elle-même.

Le contexte : le slam comme matière musicale

Le slam est le plus souvent rattaché au cours de français, où il croise naturellement la poésie et l'argumentation. L'intégrer au cours de musique change la focale : on y entend davantage le rythme, le phrasé, la musicalité de la langue parlée, qui sont pourtant déjà au cœur de la pratique. Sans thème imposé, chaque élève choisit son sujet, ce qui demande un accompagnement plus individualisé dès le départ — il n'y a pas de porte d'entrée commune à proposer à toute la classe.

Une main écrit au stylo pendant un atelier d’écriture, gros plan

Le déroulement de l’atelier

Les quatre premières heures sont consacrées à l'écriture : trouver un sujet personnel, le travailler en images, construire le texte. Sans thème commun, une partie de ce temps sert justement à aider chaque élève à trouver le sien — certains partent d'une observation quotidienne, d'autres d'un ressenti plus intime. Les quatre heures suivantes basculent sur l'oralité : rythme, respiration, articulation, et surtout l'appropriation du texte à voix haute, avec une attention particulière portée au lien entre le texte et la musicalité qu'on lui donne — un pont naturel avec le reste du cours de musique.

Les techniques travaillées

L'absence de thème impose de travailler tôt la recherche de sujet, une étape qu'on peut parfois écourter quand un thème est donné. Le reste suit une progression classique : image, rythme, structure du texte, puis un travail de voix plus poussé qu'à l'accoutumée, porté par le cadre du cours de musique — accents toniques, variations de débit, silences.

Ce que les élèves ont travaillé

Cet atelier permet de travailler la formulation d'une idée personnelle sans consigne de départ — un exercice plus exigeant qu'il n'y paraît — ainsi qu'une forme d'oralité musicale, à la croisée du texte et du rythme. Plusieurs élèves ont pris conscience, par ce biais, que leur intérêt pour la musique et leur rapport aux mots pouvaient se rejoindre.

Le moment marquant

La scène finale n'a pas eu lieu dans une salle dédiée, ni sur une estrade : juste un coin dégagé de la salle de classe habituelle, avec les tables repoussées. Ce cadre minimal, très éloigné d'une vraie scène, n'a pourtant rien retiré à l'intensité du moment — plusieurs élèves ont dit leur texte avec une concentration que je ne leur avais pas vue pendant les séances de travail.

Un tabouret seul, éclairé, sur une scène minimaliste
Pas besoin d’une grande salle : un tabouret et un coin de classe suffisent à faire une scène.

Ce que ce projet a permis d’explorer

Faire atterrir le slam dans un cours de musique, sans thème et sans grande scène, montre qu'un atelier n'a pas besoin d'un cadre spectaculaire pour produire des textes habités. Si votre établissement veut explorer le slam depuis une matière autre que le français, construisons ensemble le format qui convient.

Vous souhaitez imaginer un projet similaire ?

Esope conçoit des ateliers de slam, d'écriture, de poésie, de rap et d'éloquence adaptés aux publics, aux objectifs et au contexte de chaque structure.

Les autres projets

Le parcours

Esope

Depuis l'adolescence, j'ai voulu construire des projets en lien avec le slam et le rap. Je ne savais pas quoi ni comment, mais je voulais faire des choses. Faire des choses non seulement pour alimenter et partager ma passion, mais également pour grandir et vivre avec elle.

Au cours de mon parcours, j'ai saisi toutes les opportunités qui s'offraient à moi. J'ai écumé les scènes slam, enregistré des chansons de rap, publié un recueil, organisé des visites en poésie de lieux culturels et même défendu ma verve au Rap Contenders.

Aujourd'hui, je trouve beaucoup de plaisir à faire des conférences, des ateliers slam ou des formations d'éloquence. J'essaye toujours de partager ce que je sais en étant le plus créatif et pertinent possible. À travers l'enseignement, j'ai aussi trouvé une façon de continuellement apprendre.

Transmettre est un mot qui pourrait définir la vision de mon métier. Via des ateliers slam ou des performances artistiques, c'est exactement ça que je fais : transmettre.

Prix et distinctions

Générer de l'ambition

Très souvent, mes ateliers se déroulent dans une classe qui n'a jamais pratiqué l'écriture poétique. Pour beaucoup, réussir à écrire un texte de slam n'est même pas envisageable. L'ambition est une construction sociale, elle est liée à notre culture. La bonne nouvelle, c'est que si c'est culturel, c'est quelque chose qu'on peut apprendre, former et construire.

Le manifeste

Créer un espace bienveillant qui permet aux jeunes de s'exprimer en toute liberté.

  1. Atelier non conventionnel Bien que la forme soit scolaire, mon attitude est celle d'un intervenant extérieur.
  2. Pratiquer pour comprendre L'élève devient auteur et orateur, mais aussi spectateur attentif des autres créations.
  3. Plus aucune hiérarchie Les cartes sont redistribuées pour que la pression scolaire ne freine pas l'écriture.
  4. Célébrer le courage Pas d'applaudissements, pas d'art. L'élève doit être conscient de la mission accomplie.