Rap & Pizza : un atelier rap à l’Accordeur, à Saint-Denis-de-Pile

À l'Accordeur, à Saint-Denis-de-Pile, j'ai animé la partie atelier rap d'un projet hybride baptisé « Rap & Pizza », de l'écriture à la présence scénique, avec des jeunes de 16 à 23 ans déjà habitués à écrire.

Auteur : Esope · Intervenants slam : Esope

Un intervenant s’adresse à un petit groupe assis dans une salle informelle
Une ambiance familiale, typique de l’Accordeur.

L'Accordeur, à Saint-Denis-de-Pile, m'a invité à animer la partie atelier rap d'un projet hybride baptisé « Rap & Pizza », construit avec plusieurs associations partenaires — vidéo, enregistrement, et pour ma part l'écriture et la présence scénique. Six heures d'atelier, avec des jeunes de 16 à 23 ans déjà habitués à écrire.

Le contexte : un projet à plusieurs mains

« Rap & Pizza » n'est pas un atelier isolé : c'est un format construit à plusieurs associations, chacune apportant sa spécialité — la vidéo, l'enregistrement studio, et pour la partie qui me concernait, l'écriture et le passage à la présence scénique. Ce type de montage change la place de l'intervenant : je ne suis qu'une des briques du projet, ce qui suppose de bien caler mon temps avec celui des autres intervenants.

Le déroulement de l’atelier

Le public de ce projet était différent de ce que je croise habituellement : des jeunes de 16 à 23 ans, déjà habitués à écrire de leur côté, venus avec une vraie appétence pour le rap plutôt qu'en découverte. Les six heures ont couvert l'écriture — affiner des textes parfois déjà entamés — puis la présence scénique : comment tenir un micro, occuper un espace, adresser un texte à un public plutôt que de le réciter les yeux baissés.

Un bureau couvert de carnets et de stylos, prêt pour une séance d’écriture

Les techniques travaillées

Avec un public déjà familier de l'écriture, le travail a porté moins sur les bases que sur l'incarnation du texte : placement de la voix, gestion du micro, occupation de l'espace scénique. C'est un temps qui manque souvent aux jeunes qui écrivent seuls chez eux et n'ont pas l'occasion de tester leurs textes devant un public avant une vraie scène.

Ce que les participants ont travaillé

L'atelier a permis de travailler le passage de l'écrit à la scène — une étape que beaucoup de jeunes rappeurs autodidactes n'ont jamais eu l'occasion de préparer avec un regard extérieur. Les participants ont aussi profité du cadre pluridisciplinaire du projet pour réfléchir à leur univers visuel et sonore, au-delà du seul texte.

Le moment marquant

La restitution s'est tenue lors d'un petit festival, dans une ambiance que je qualifierais de chic et bienveillante — familiale, comme l'est en général l'Accordeur, qui nous accueillait. Voir des jeunes qui écrivaient déjà depuis longtemps, seuls, présenter enfin leurs textes sur une vraie scène, avec le travail scénique qu'on avait mené ensemble, a donné à la soirée une justesse que je ne retrouve pas toujours.

Ce que ce projet a permis d’explorer

« Rap & Pizza » a confirmé qu'un projet associatif à plusieurs mains peut offrir à des jeunes déjà engagés dans l'écriture ce qui leur manque le plus souvent : un vrai temps de travail sur la scène. Si votre association construit un projet pluridisciplinaire autour du rap, parlons de la partie qui pourrait me revenir.

Vous souhaitez imaginer un projet similaire ?

Esope conçoit des ateliers de slam, d'écriture, de poésie, de rap et d'éloquence adaptés aux publics, aux objectifs et au contexte de chaque structure.

Les autres projets

Le parcours

Esope

Depuis l'adolescence, j'ai voulu construire des projets en lien avec le slam et le rap. Je ne savais pas quoi ni comment, mais je voulais faire des choses. Faire des choses non seulement pour alimenter et partager ma passion, mais également pour grandir et vivre avec elle.

Au cours de mon parcours, j'ai saisi toutes les opportunités qui s'offraient à moi. J'ai écumé les scènes slam, enregistré des chansons de rap, publié un recueil, organisé des visites en poésie de lieux culturels et même défendu ma verve au Rap Contenders.

Aujourd'hui, je trouve beaucoup de plaisir à faire des conférences, des ateliers slam ou des formations d'éloquence. J'essaye toujours de partager ce que je sais en étant le plus créatif et pertinent possible. À travers l'enseignement, j'ai aussi trouvé une façon de continuellement apprendre.

Transmettre est un mot qui pourrait définir la vision de mon métier. Via des ateliers slam ou des performances artistiques, c'est exactement ça que je fais : transmettre.

Prix et distinctions

Générer de l'ambition

Très souvent, mes ateliers se déroulent dans une classe qui n'a jamais pratiqué l'écriture poétique. Pour beaucoup, réussir à écrire un texte de slam n'est même pas envisageable. L'ambition est une construction sociale, elle est liée à notre culture. La bonne nouvelle, c'est que si c'est culturel, c'est quelque chose qu'on peut apprendre, former et construire.

Le manifeste

Créer un espace bienveillant qui permet aux jeunes de s'exprimer en toute liberté.

  1. Atelier non conventionnel Bien que la forme soit scolaire, mon attitude est celle d'un intervenant extérieur.
  2. Pratiquer pour comprendre L'élève devient auteur et orateur, mais aussi spectateur attentif des autres créations.
  3. Plus aucune hiérarchie Les cartes sont redistribuées pour que la pression scolaire ne freine pas l'écriture.
  4. Célébrer le courage Pas d'applaudissements, pas d'art. L'élève doit être conscient de la mission accomplie.